Un signal fort a retenti dans l’enceinte de la paroisse Notre-Dame de Fatima, à Kinshasa. Ce jeudi 23 juillet, lors de l’assemblée générale ordinaire de l’Union des footballeurs du Congo (UFC), Ruth Kipoyi a pris la parole. L’internationale congolaise, qui évolue à Al-Nassr en Arabie saoudite, n’a pas seulement salué le parcours des Léopards à la Coupe du Monde 2026. Elle a tracé une ligne claire : qualification pour le Mondial 2030, protection des athlètes et appel aux jeunes filles.
Le Mondial 2026 comme rampe de lancement
Après 52 ans d’absence, les Léopards de la RDC ont renoué avec la scène mondiale en 2026. Leur prestation a dépassé le simple rôle de figurant, suscitant une fierté nationale que Ruth Kipoyi a tenu à souligner. « C’était une fierté pour toute la nation. Nous n’étions pas là en 1974, mais cette fois-ci, nous avons eu l’honneur de voir notre équipe participer à la Coupe du Monde en réalisant un parcours satisfaisant », a-t-elle déclaré. L’attaquante ne veut pas en rester là. Elle projette déjà les Fauves vers l’édition 2030, avec l’ambition de voir la RDC s’installer durablement parmi les nations qualifiées. « Félicitations à eux et qu’ils continuent sur cette même lancée. J’aimerais les voir participer à nouveau à la Coupe du Monde 2030 », a-t-elle ajouté.
Un combat prioritaire contre les abus sexuels
La joueuse d’Al-Nassr a également apporté son soutien à une initiative portée par le président de l’UFC, Dodo Landu : la lutte contre les abus sexuels dans le football. Pour Ruth Kipoyi, ce fléau est une réalité que beaucoup de sportifs subissent en silence. « Beaucoup d’entre nous ont été victimes de ces abus dès leur jeune âge ou encore lorsqu’ils rejoignent une équipe quelconque », a-t-elle confié. En saluant cette démarche, elle appelle à briser le silence et à renforcer la protection des footballeurs, en particulier des plus jeunes. Un message qui résonne comme une urgence dans le milieu sportif congolais.
Le football, un métier pour les jeunes filles
Au-delà des ambitions des Léopards et de la protection des athlètes, Ruth Kipoyi a lancé un appel direct aux jeunes filles. Pour elle, le football ne doit plus être perçu comme un simple loisir, mais comme une véritable profession offrant des perspectives d’avenir. « Le football est un travail. Nous voyons des hommes dans des bureaux, alors pourquoi les jeunes filles ne se lanceraient-elles pas aussi dans le football, en commençant par les clubs amateurs avant d’intégrer des clubs professionnels ? », a-t-elle interrogé. Elle a insisté sur la nécessité de saisir les opportunités, sans attendre un hypothétique coup de chance. « Le hasard n’existe pas dans la vie. Tout commence parfois comme une blague, mais cela peut finir par aboutir. Qu’elles viennent nombreuses dans le football », a-t-elle conclu.
À travers ses déclarations, Ruth Kipoyi dessine les contours d’un football congolais plus ambitieux, plus protecteur et plus inclusif. Un triple objectif qui, s’il se concrétise, pourrait transformer durablement le paysage sportif national.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
