En Ituri, la riposte contre la maladie à virus Ebola de la souche Bundibugyo franchit une étape décisive avec le lancement de deux essais cliniques à Bunia. Ces études, qui ont débuté le 2 juillet 2026, visent à évaluer de nouveaux traitements antiviraux expérimentaux, alors qu’aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore homologué pour cette souche particulière. L’objectif est double : améliorer la prise en charge des patients infectés et renforcer la protection des personnes exposées au virus.
Deux études pour combler un vide thérapeutique
Contrairement à la souche Ebola Zaïre, pour laquelle des vaccins et traitements validés existent, la souche Bundibugyo reste sans solution médicale approuvée. C’est pour répondre à cette lacune que les autorités sanitaires congolaises, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) et leurs partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC, ont lancé ces essais cliniques. Le premier, baptisé Partner, teste une molécule destinée à traiter la maladie. Le second, nommé Ebopep, s’adresse aux contacts à haut risque : il s’agit d’administrer des médicaments pour empêcher le développement de la maladie chez les personnes exposées à un malade confirmé.
Un recrutement rigoureux pour des résultats fiables
Selon la coordination provinciale de la riposte, le recrutement des participants se poursuit ce mercredi 22 juillet dans le respect des protocoles scientifiques établis. Chaque étude dispose d’une taille d’échantillon prédéfinie et suit une méthodologie stricte. « Les deux études respectent une méthodologie scientifique rigoureuse. Il faut poursuivre le recrutement des participants comme prévu afin d’obtenir des résultats fiables, permettant la validation de ces médicaments et leur utilisation éventuelle lors de prochaines épidémies », a expliqué Jean-Pierre Akili Mali, coordonnateur provincial de la riposte.
Réduire l’incidence parmi les contacts à haut risque
L’essai Ebopep cible spécifiquement les personnes ayant été en contact avec un malade confirmé. L’idée est de leur administrer un traitement préventif pour qu’elles ne développent pas la maladie. « Nous avons l’essai Ebopep qui utilise des médicaments permettant de protéger les personnes qui étaient en contact avec le malade, notamment les contacts à haut risque, afin qu’ils ne développent pas la maladie. De cette manière, nous réduisons l’incidence de la maladie parmi les contacts à haut risque », a précisé Jean-Pierre Akili Mali. Cette approche pourrait changer la donne dans la gestion des flambées épidémiques, en limitant la chaîne de transmission.
Vers un renforcement de l’arsenal thérapeutique
La coordination provinciale estime que les conclusions de ces essais pourraient contribuer à renforcer l’arsenal thérapeutique contre Ebola et améliorer les stratégies de prévention, particulièrement dans les zones régulièrement exposées aux flambées de la maladie en République démocratique du Congo. En attendant les résultats, le recrutement se poursuit à Bunia, avec l’espoir de disposer un jour de traitements validés contre la souche Bundibugyo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
