L’opposant congolais Delly Sesanga a révélé avoir obtenu une promesse du président burundais Évariste Ndayishimiye concernant le sort de l’activiste Benjamin Babunga, détenu au Burundi. Cette annonce, faite lors d’un échange en ligne, ouvre une perspective concrète pour la libération de ce militant, dont l’arrestation avait suscité des interrogations. Comprendre les mécanismes de cette intervention et ses implications pratiques permet d’éclairer les enjeux pour les activistes congolais à l’étranger.
Une démarche diplomatique directe à Bujumbura
À l’occasion d’un déplacement de la coalition C64 à Bujumbura, Delly Sesanga a personnellement évoqué le dossier de Benjamin Babunga avec le président Évariste Ndayishimiye. Selon ses déclarations, le chef de l’État burundais s’est engagé à examiner la situation. « Nous avons posé cette question au président burundais, qui nous a promis, et nous sommes en train de suivre ce cas, pour que Monsieur Babunga puisse être libéré », a-t-il indiqué. Cette démarche s’inscrit dans un suivi actif, puisque l’opposant a précisé être en contact avec les services présidentiels pour accélérer le processus. Concrètement, cela signifie que le dossier n’est pas laissé sans suite : des échanges réguliers ont lieu pour transformer la promesse en action. Pour les familles et les proches de détenus à l’étranger, ce type d’intervention directe peut représenter un levier important, car il place la question au plus haut niveau de l’État.
Un dossier judiciaire sensible lié à la sûreté de l’État
Interrogé sur les motifs de l’arrestation, Delly Sesanga a confirmé qu’un dossier judiciaire portant sur des questions de sûreté de l’État avait été ouvert à l’encontre de Benjamin Babunga. Cette qualification juridique est souvent utilisée pour des affaires touchant à la sécurité nationale, ce qui peut complexifier les procédures et allonger les délais. Sans entrer dans les détails de la procédure, l’opposant a néanmoins plaidé pour une issue favorable, en s’appuyant sur le contexte politique actuel. Il a ainsi fait valoir que, dans le cadre de la dynamique de « dégel » politique en cours, il serait important qu’aucun activiste congolais, où qu’il se trouve, ne fasse l’objet de poursuites. Cet argument vise à inscrire le cas individuel dans une logique plus large de décrispation, ce qui pourrait faciliter une résolution rapide. Pour les observateurs, cela illustre comment les évolutions politiques régionales peuvent influencer des dossiers judiciaires individuels.
Un suivi prometteur pour la libération de l’activiste
Delly Sesanga a affirmé suivre ce dossier avec attention, en collaboration avec les différents services du président Ndayishimiye, « pour qu’il puisse recouvrer la liberté dans le meilleur délai ». Cette implication directe d’un opposant congolais auprès des autorités burundaises illustre une volonté de résoudre ce cas par la voie diplomatique. Si la promesse obtenue se concrétise, elle pourrait marquer une avancée significative pour la protection des activistes congolais à l’étranger. En pratique, une libération rapide enverrait un signal positif aux militants qui opèrent hors des frontières, en montrant que des canaux de dialogue existent. Cela pourrait aussi encourager d’autres acteurs politiques à s’engager pour des cas similaires, renforçant ainsi un climat de confiance régional. Toutefois, la prudence reste de mise : le suivi évoqué par Delly Sesanga indique que le processus est en cours, mais aucune échéance précise n’a été communiquée. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour évaluer la portée réelle de cet engagement présidentiel.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
