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Lualaba : début du retrait des militaires des sites miniers à Kisankala

Le retrait des militaires déployés dans les sites miniers du Lualaba a débuté ce samedi sur le site de Kisankala, dans le territoire de Lubudi. Le général Eddy Kapend, commandant de la 22ᵉ région militaire, a supervisé le lancement de cette opération, conformément à la décision du président Félix Tshisekedi ordonnant l’évacuation des forces de défense et de sécurité présentes illégalement dans les zones d’exploitation minière.

Une clarification du rôle des FARDC

En séjour à Kolwezi, le général Kapend a rappelé que les militaires n’ont pas vocation à intervenir dans les litiges liés à l’exploitation minière. Il a dénoncé le recours de certains opérateurs miniers aux forces armées pour régler des conflits privés ou protéger des intérêts particuliers. « Les militaires n’ont pas vocation à intervenir dans les litiges liés à l’exploitation minière », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de recentrer l’armée sur ses missions régaliennes de défense du territoire et de protection de la population. Cette mise au point vise à restaurer la frontière entre les prérogatives des forces de défense et les activités du secteur minier, souvent brouillée par des pratiques illégales.

Un calendrier de retrait progressif

L’opération, qui a commencé à Kisankala, va se poursuivre sur d’autres sites miniers de la province du Lualaba. Le général Kapend a précisé que cette première phase vise à faire respecter la décision présidentielle, sans toutefois détailler le nombre de militaires concernés ni le calendrier précis des prochaines étapes. Cette mesure s’inscrit dans un effort plus large du gouvernement pour renforcer la gouvernance du secteur minier artisanal et industriel, notamment en mettant fin à la présence d’acteurs non autorisés dans les zones d’exploitation. Le flou entourant le calendrier pourrait toutefois susciter des interrogations sur la capacité des autorités à mener l’opération à son terme dans des délais raisonnables.

Un appel à la responsabilité des opérateurs

Le commandant de la 22ᵉ région militaire a appelé les opérateurs miniers et l’ensemble des acteurs du secteur à accompagner cette démarche. Il les a exhortés à éviter toute sollicitation des militaires pour des questions relevant des procédures administratives, judiciaires ou minières. Cette injonction souligne la volonté des autorités de mettre fin à la présence d’acteurs non autorisés dans les zones d’exploitation, un phénomène qui mine la crédibilité du secteur. En rappelant que les sites miniers doivent rester des espaces réservés aux acteurs légalement habilités, le général Kapend a insisté sur la nécessité de recourir aux voies légales pour résoudre les différends, plutôt que de faire appel aux forces armées.

Le retrait des FARDC des sites miniers du Lualaba constitue un test pour la mise en œuvre de la directive présidentielle. Si le général Kapend affiche sa détermination, la réussite de l’opération dépendra de la coopération des opérateurs et du suivi rigoureux des autorités provinciales. Les prochains jours devraient permettre d’évaluer l’effectivité de cette mesure sur l’ensemble des sites concernés, alors que le gouvernement congolais cherche à clarifier le rôle des forces de défense dans le secteur minier et à restaurer la confiance dans la gouvernance des ressources naturelles.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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