Une attaque attribuée aux ADF a visé, lundi 29 juin, le site minier de Pangoy, aussi orthographié Pangoyi, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Le bilan provisoire recoupé auprès des sources locales fait état d’au moins trois civils tués, de plusieurs enlèvements ou disparitions, ainsi que de pillages dans cette zone minière fréquentée par des exploitants d’or.
L’incursion a commencé tôt le matin, autour de 4 heures. Les assaillants présumés ADF auraient d’abord pris pour cible une position des FARDC avant de progresser vers le centre du site minier. Les informations disponibles restent locales et provisoires. Aucune communication officielle des autorités militaires locales n’avait encore été rapportée à ce stade.
La position des FARDC prise pour cible
Les deux récits disponibles situent le début de l’attaque autour d’une position des Forces armées de la République démocratique du Congo. D’après les témoignages rapportés localement, les militaires se seraient repliés face au nombre des assaillants. Une source locale indique aussi que les assaillants auraient hissé leur drapeau sur la position militaire avant de se diriger vers Tepe, un autre carré minier situé à environ deux heures de marche.
Le site de Pangoy se trouve dans le territoire de Mambasa. Radio Okapi le situe à environ 165 kilomètres au sud-ouest de Bunia, tandis qu’Actu30 le place à plus de 85 kilomètres à l’ouest de Biakato, dans le groupement Bakaheku, en chefferie de Babila Babombi. Ces indications confirment l’ancrage de l’attaque dans une zone minière exposée de Mambasa, en Ituri.
Trois morts et plusieurs personnes enlevées
Le bilan humain reste provisoire. Au moins trois personnes ont été tuées. Plusieurs civils ont aussi été enlevés ou restent portés disparus, selon les sources locales citées. Une des versions rapporte que trois civils enlevés ont été abattus par balle. Une autre indique que des personnes capturées auraient été contraintes de transporter des biens pillés dans des habitations et des commerces.
Les pillages signalés concernent le site minier et ses environs immédiats. Aucun bilan matériel détaillé n’a été communiqué. Les sources ne donnent pas non plus de liste nominative des victimes ni de nombre consolidé de personnes enlevées. La prudence s’impose donc sur l’ampleur exacte de l’attaque, même si les éléments concordants établissent un bilan d’au moins trois morts et plusieurs enlèvements.
Des villages de Mambasa sous alerte
Après l’attaque du site minier, une partie importante de la population a quitté Pangoy et les villages proches. Les localités de Makamamba, Lulumo, Soumo et Lyanga sont signalées en état d’alerte. Des habitants ont gagné des zones jugées plus sûres, par crainte de nouvelles incursions. Ce déplacement des populations confirme l’effet immédiat de l’insécurité sur les communautés installées autour des axes miniers.
Une équipe locale de monitoring a appelé à la vigilance dans plusieurs localités et environs, notamment Itembo, Lulumo Soumo, Makamada, Bambu, Matoto, Makilima, Pamedi, Lyanga, 75, Makumo, Nyanza, Elota, Wasa et Magbutuha. Dans sa note, elle avertit que « L’ennemi peut surgir à tout moment ». Les mêmes sources demandent une mobilisation rapide des FARDC pour sécuriser les axes miniers.
Tepe déjà visé avant Pangoy
L’attaque de Pangoy intervient moins de vingt-quatre heures après une incursion signalée à Tepe, où deux personnes auraient été enlevées dimanche, selon des sources locales. Cette succession d’incidents renforce l’inquiétude dans cette partie du territoire de Mambasa, où les ADF sont accusés de plusieurs exactions contre des civils depuis le début de l’année.
Les défenseurs des droits humains demandent aux autorités d’intensifier les opérations contre les groupes armés actifs dans la zone. Trésor Kapepela, activiste des droits humains, a déclaré : « Nous appelons vraiment les autorités militaires à poursuivre l’ennemi qui circule en électron libre sans être inquiété. Cela a entraîné un déplacement massif de la population ». L’administrateur du territoire de Mambasa avait récemment annoncé que les FARDC, avec l’appui des partenaires du gouvernement, préparaient des opérations de grande envergure contre les ADF afin de rétablir la sécurité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
