À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, l’épidémie de la maladie à virus Ebola pousse les habitants à adapter leurs gestes quotidiens. Alors que les autorités sanitaires renforcent les messages de prévention, les comportements évoluent de manière contrastée : la promiscuité dans les transports en commun reste un défi majeur, tandis que commerçants et familles multiplient les initiatives d’hygiène pour limiter les risques de propagation.
La promiscuité des transports, un obstacle à la prévention
Au grand marché de Bunia, l’activité commerciale conserve son intensité habituelle. Vendeurs, acheteurs et conducteurs de taxi-motos se croisent dans des allées bondées, rendant la distanciation physique difficile. Pour de nombreux usagers, les déplacements collectifs constituent le principal point faible de la prévention. Patric Ndamukulu, un habitant de la ville, témoigne de cette difficulté : « La plus grande difficulté reste le transport en commun car nous n’avons pas d’autres moyens de déplacement. Nous ne savons pas comment nous protéger ». Cette situation expose les usagers à des contacts étroits, augmentant le risque de transmission du virus.
Des commerçants qui systématisent les gestes barrières
Face à cette réalité, plusieurs opérateurs économiques s’organisent pour appliquer les recommandations officielles. Dans de nombreuses boutiques, le lavage des mains est devenu un préalable obligatoire avant toute transaction. Raymond Kakule, un commerçant local, a mis en place des mesures pour protéger son personnel et sa clientèle : « Nous disposons de seaux d’eau pour les clients qui doivent se laver les mains. Dès qu’ils remettent l’argent, vous le placez dans la caisse et juste après, on prend le gel hydro-alcoolique pour désinfecter les mains ». Ces pratiques visent à réduire le risque de contamination par les surfaces et les échanges monétaires.
Des familles qui adaptent leurs habitudes à domicile
La vigilance s’étend également au sein des foyers. Certaines familles ont modifié leurs habitudes de vie à leur retour des espaces publics. Cécile Grego, mère de famille, applique un protocole strict après ses achats : « Quand je suis au marché, je porte des habits à manches longues. À mon retour à la maison, je les trempe dans l’eau avant de les laver. Le lendemain, j’en porte d’autres ». Cette routine illustre une prise de conscience individuelle pour limiter l’introduction du virus dans l’environnement domestique.
Renforcer la sensibilisation de proximité
Bien que ces stratégies individuelles et collectives témoignent d’une prise de conscience, plusieurs observateurs locaux estiment qu’il est indispensable d’intensifier la sensibilisation de proximité. L’objectif est que ces mesures de prévention soient comprises, acceptées et appliquées par l’ensemble de la communauté. Une communication adaptée pourrait aider à surmonter les obstacles, notamment dans les transports en commun, où les solutions restent à trouver.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
