Un accord au niveau des services, encore soumis au Conseil d’administration
Du 22 octobre au 4 novembre 2026, une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Calixte Ahokpossi a tenu des discussions avec les autorités de la République démocratique du Congo. Ces échanges ont porté sur le quatrième examen du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le troisième examen du programme appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). À l’issue de ces travaux, les deux parties sont parvenues à un accord au niveau des services. Cet accord n’est pas encore définitif : il doit être approuvé par la direction du FMI puis par son Conseil d’administration, dont l’examen est provisoirement prévu en décembre 2026.
Ce que financent ces deux programmes
Depuis janvier 2025, la RDC est engagée dans un programme triennal avec le FMI qui combine la FEC et la FRD. La FEC vise à préserver la stabilité macroéconomique, améliorer l’environnement des affaires, renforcer la gouvernance et la transparence, et favoriser une croissance inclusive. La FRD accompagne le pays dans sa transition vers une économie à faible émission de carbone et l’aide à renforcer sa résilience face aux effets du changement climatique.
Des pressions budgétaires identifiées par le FMI
Le FMI a attiré l’attention des dirigeants congolais sur deux facteurs qui pèsent sur les finances publiques : la persistance du conflit armé dans l’Est du pays et la riposte à l’épidémie d’Ebola. Ces deux chocs compliquent l’exécution budgétaire pour le reste de l’année 2026. Le déficit budgétaire est resté inférieur au plafond programmé à la fin juin 2026, mais des difficultés d’exécution sont apparues par la suite. Pour y faire face, le FMI juge essentiel de remédier rapidement aux retards dans la mise en œuvre des mesures d’augmentation des recettes approuvées dans le budget 2026, de maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses non prioritaires.
Les demandes du gouvernement et les réformes attendues
Le gouvernement a demandé un assouplissement des plafonds de déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu’un accès accru aux ressources du FMI au titre du mécanisme de financement des épidémies et du mécanisme de soutien à la riposte, pour atténuer les risques macro-budgétaires liés aux chocs sanitaires. Ces demandes seront soumises au Conseil d’administration du FMI pour examen et approbation.
Par ailleurs, le FMI insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes de gestion des finances publiques, afin de renforcer la transparence et l’efficacité de l’utilisation des ressources publiques. Il recommande notamment de limiter le recours aux procédures de dépenses d’urgence, d’étendre la décentralisation de l’autorisation des dépenses, de finaliser le déploiement du Compte unique du Trésor et de rationaliser les fonds spéciaux et les entités publiques.
Un appui financier attendu, dont une part pour la riposte à Ebola
Selon le ministre des finances, Doudou Fwamba, sous réserve des approbations requises du Conseil d’administration, un décaissement d’environ 771 millions d’USD est attendu. Environ 240 millions d’USD de ce montant seraient destinés à financer le plan de riposte contre Ebola pour la phase 2026. Le FMI précise que, avec le soutien de partenaires multilatéraux et bilatéraux, les autorités intensifient leurs efforts pour éradiquer l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
