À Lubumbashi, le Centre de recherche en finances publiques et développement local (Crefdl) a consacré une conférence aux avantages attendus des corridors de Lobito et Banana et aux obstacles susceptibles de freiner leur réalisation. Organisée samedi 31 octobre à l’Université Nouveaux Horizons, cette rencontre sur les investissements publics en RDC a réuni près de 150 participants des milieux universitaires, de la société civile et de l’administration publique.
Valéry Madianga, coordonnateur national du Crefdl, a notamment cité les tracasseries fiscales, la corruption et les exonérations excessives parmi les risques pesant sur les deux projets. Les gains économiques présentés restent des effets attendus de leur aboutissement.
Des coûts de transit réduits et un objectif de huit jours
Selon la présentation de Valéry Madianga, le corridor Sakania-Banana devrait permettre une baisse de 25 à 30 % du coût de transit par conteneur. Cette réduction est annoncée par rapport à des coûts qui varient selon la distance et la fluidité des postes frontaliers.
Pour le corridor de Lobito, présenté comme long de 1 739 kilomètres entre Kolwezi et Lobito, en Angola, l’objectif est de ramener à huit jours le transit entre la frontière de la RDC et le terminal portuaire de Lobito. La présentation prévoit 1 555 wagons porte-conteneurs et 49 locomotives de ligne, dont 35 en Angola et 14 en RDC. Aucune échéance précise n’a été indiquée pour atteindre ce délai.
Des partenariats public-privé confrontés aux limites de gestion
Aimé Gbetele, directeur provincial de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) du Haut-Katanga, a examiné les difficultés des partenariats public-privé en RDC. Il a relevé une préparation insuffisante des projets et des capacités techniques limitées au sein de l’administration, ainsi que des problèmes de transparence et de redevabilité.
La faible participation des petites et moyennes entreprises locales et le transfert insuffisant de compétences figurent également parmi les difficultés citées. L’intervenant a ajouté que la stabilité politique et sécuritaire, la solvabilité de l’État et les garanties qu’il apporte peuvent peser sur ces partenariats.
Relier les corridors à la transformation locale des minerais
Pour Ghislain Bakaniani, professeur à l’Université de Lubumbashi, l’aboutissement des deux corridors pourrait stimuler la transformation minière au Haut-Katanga et au Lualaba, ainsi que les services spécialisés. Il a appelé le gouvernement à développer la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation locale, afin de faire de ces provinces des pôles économiques diversifiés.
Selon lui, les projets devraient aussi soutenir l’agriculture, l’agro-industrie, les PME et le transport, tout en favorisant le réinvestissement des recettes dans les infrastructures et les services publics des deux provinces. Ces perspectives économiques restent liées à la réalisation des corridors.
La conférence s’inscrit dans la vulgarisation du rapport d’évaluation citoyenne sur la réalisation des corridors de Lobito et de Banana, publié par le Crefdl le 23 octobre à Kinshasa. Cette action relève du projet Monitoring citoyen des projets d’infrastructures en RDC, financé depuis octobre 2024 par l’ONG américaine National Endowment for Democracy (NED).
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
