Depuis le 28 octobre, la commune de Kayna, dans le sud du territoire de Lubero (Nord-Kivu), vit dans un climat de peur. La localité se trouve sous le contrôle du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme issu de l’ex-AFC/M23.
Le 18 octobre, trois membres du FRN ont été tués dans des circonstances qui restent à élucider, selon plusieurs sources concordantes. Anselme Kinduvuira, secrétaire communal sous l’administration du mouvement rebelle, figure parmi les victimes. Deux combattants du FRN ont également perdu la vie au cours du même incident. Après ces assassinats, le mouvement aurait lancé une recherche active des présumés auteurs.
Dans la nuit du 27 au 28 octobre, un jeune conducteur de moto a été tué dans le quartier Mikundi. Plusieurs habitants indiquent qu’il était soupçonné d’appartenir aux groupes Wazalendo. Le même jour, la commune a été bouclée. Des sources locales font état de l’arrestation d’au moins sept jeunes, transférés à Kasando, à moins de cinq kilomètres de Kayna, où ils seraient retenus. Les mêmes sources évoquent des morts et des interpellations qualifiées d’arbitraires, ciblant surtout des jeunes de la région. Plusieurs habitants disent redouter de nouvelles arrestations et restreignent leurs mouvements. Certains jeunes auraient quitté leur domicile de façon temporaire, par crainte d’être visés par les opérations de recherche.
Par ailleurs, cinq notables ont été arrêtés à Kirumba depuis la fin juillet, d’après des sources locales, pour une collaboration présumée avec un acteur politique établi à Kinshasa. Deux de ces notables ont été relâchés, tandis que les trois autres resteraient détenus à Rutshuru, selon les mêmes sources. Les habitants de Kayna et des environs s’inquiètent d’une détérioration de la situation sécuritaire dans cette zone contrôlée par le FRN.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
