La RDC et la France ont discuté du prochain mandat de la MONUSCO, mardi 3 novembre, à Paris et à Kinshasa. Les consultations ont porté sur la sécurité dans l’Est congolais et sur l’adaptation du mandat aux besoins humanitaires des populations déplacées de guerre.
À Paris, Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État aux Affaires étrangères, a rencontré son homologue français Jean-Noël Barrot. Selon le ministère congolais des Affaires étrangères, le prochain mandat de la mission onusienne et la situation sécuritaire dans l’Est figuraient parmi les sujets examinés. La ministre a également réaffirmé la volonté de la RDC de consolider son partenariat avec la France.
À Kinshasa, des consultations sur les attentes congolaises
Le même jour, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Shabani Lukoo Jacquemain, a présidé à Kinshasa des consultations sur les enjeux sécuritaires et humanitaires. Les échanges visaient notamment à harmoniser les positions sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO, afin qu’il réponde aux besoins des déplacés dans l’Est du pays.
La France intervient dans cette procédure comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et comme porte-plume des résolutions concernant la RDC. Son ambassadeur à Kinshasa, Rémi Maréchaux, a indiqué que les propositions devaient tenir compte des besoins exprimés par les autorités congolaises. Il a également fait état de rencontres avec des membres du Parlement et de la société civile.
Le diplomate français a précisé les sujets sur lesquels Paris souhaite connaître les attentes de Kinshasa : l’observation et la vérification du cessez-le-feu, l’accompagnement du processus de Washington et l’application du protocole de neutralisation des FDLR. Il a annoncé la poursuite du déplacement de la délégation à Beni, pour une visite du quartier général de la Force et des rencontres avec les autorités locales.
Le renouvellement relève du Conseil de sécurité
Félix Tshisekedi avait auparavant sollicité le soutien de Vladimir Poutine pour prolonger le mandat de la MONUSCO, lors d’un séjour en Russie en marge du sommet Russie-Afrique. Le président congolais avait rappelé que toute évolution de ce mandat devait faire l’objet d’une décision explicite du Conseil de sécurité des Nations unies.
La résolution 2808 (2025), adoptée le 19 décembre 2025, prolonge le mandat de la mission jusqu’au 20 décembre 2026. Elle autorise notamment un appui logistique et technique à la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent et au mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha.
Dans ce cadre, la MONUSCO a soutenu les premières missions de vérification du cessez-le-feu à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu.
À Goma, le FRN demande la poursuite du retrait
Le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila, défend une position opposée au renouvellement. Le mouvement l’a exprimée mardi 3 novembre à Goma, lors d’une rencontre avec une délégation des Nations unies conduite par James Swan, chef de la MONUSCO.
Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, a indiqué que James Swan avait soulevé la question du prochain mandat. Jugeant le bilan de la mission négatif, il a demandé que son mandat ne soit pas reconduit et que son retrait se poursuive. Cette position diverge de la démarche de Kinshasa, qui sollicite des soutiens au Conseil de sécurité pour obtenir une prolongation.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
