Le troisième symposium national sur la localisation de l’aide humanitaire s’est achevé jeudi 29 octobre à Kinshasa, après trois jours d’échanges. Organisée par le Conseil national des Fora des ONG humanitaires et de développement (CONAFOHD), cette rencontre avait pour thème « Transformer le système humanitaire à travers les évidences locales ». L’Union des organisations féminines humanitaires (UOFH) y a porté une revendication forte : une meilleure représentation des organisations dirigées par les femmes dans les mécanismes de coordination, de financement et de prise de décision.
Un panel tenu le même jour a réuni trois représentantes d’organisations nationales et une représentante d’ONU Femmes autour des liens entre les organisations féminines humanitaires, le comité Genre dans l’action humanitaire (GiHA), l’UOFH et la localisation de l’aide. La représentante des organisations féminines au sein du comité GiHA a présenté l’UOFH comme un mécanisme de concertation, de coordination et de plaidoyer collectif. Expérimentée dans l’est de la RDC depuis 2025, cette initiative vise à être progressivement étendue à d’autres provinces, en tenant compte des réalités locales. Elle doit permettre de faire remonter les préoccupations des femmes du terrain vers les instances de coordination.
Accéder directement aux financements humanitaires
Les recommandations formulées lors du symposium insistent sur l’accès direct, équitable et durable des organisations féminines aux financements humanitaires. Elles demandent aussi le renforcement de leur représentation dans les mécanismes de coordination et les instances décisionnelles, et la reconnaissance de l’UOFH comme un cadre structurant. Les participantes ont plaidé pour l’accompagnement de la réplication de l’initiative dans d’autres provinces, ainsi que pour des consultations régulières entre le comité GiHA et les organisations féminines. Leur contribution aux processus de paix, à la prévention des conflits et à la cohésion sociale a également été soulignée.
Un fonds pour les ONG locales et une feuille de route à concrétiser
Le directeur de Diakonie a annoncé une initiative visant à soutenir le développement d’un fonds humanitaire destiné aux ONG locales et nationales, à travers le CONAFOHD. Les ONG dirigées par des femmes ont insisté sur la nécessité d’un accès direct et équitable aux ressources, d’une participation réelle aux décisions et d’un partage équilibré des risques, des responsabilités et des compétences entre partenaires. Les représentants des personnes vivant avec handicap ont, de leur côté, demandé leur inclusion dans les mécanismes de coordination et les interventions. Sur le plan régional, le Forum des ONG en Afrique de l’Ouest et du Centre a salué la dynamique et proposé un élargissement à l’échelle régionale.
Dans son discours de clôture, le coordonnateur national du CONAFOHD, Dr De-Joseph Kakisingi, a rappelé la nécessité d’une responsabilité partagée entre institutions publiques, partenaires internationaux et organisations nationales. Il a appelé les ONG congolaises à renforcer leur gouvernance et leur redevabilité, tout en invitant les partenaires à poursuivre leurs efforts pour des financements plus accessibles et des partenariats équitables. La feuille de route nationale de la localisation à l’horizon 2030 repose sur quatre piliers : partenariats équitables, partage des compétences, financement direct de qualité et coordination fondée sur un partage effectif du pouvoir. Une revue des engagements est prévue dans les trente jours pour préciser responsabilités, échéances et moyens.
Après Bukavu en 2023 et Kinshasa en 2025, cette troisième édition a mis l’accent sur la concrétisation des engagements. L’enjeu reste désormais de traduire les recommandations et la Déclaration commune de Kinshasa en actions concrètes, assorties de responsabilités, de ressources et de mécanismes de suivi.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
