Prince Epenge Wemakoko, président d’ADD Congo et porte-parole de LAMUKA, a été transféré le samedi 31 octobre à la prison de Makala, à Kinshasa, après le rejet de sa demande de liberté provisoire. Son avocat Clément Muza, qui confirme ce transfèrement à Actualite.cd, affirme que la défense n’en avait pas été préalablement informée.
Présenté la veille en chambre du conseil devant le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, l’opposant n’a pas obtenu sa remise en liberté. Son dossier porte notamment sur des poursuites pour propagation de faux bruits en lien avec la mort de Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo. Les circonstances de ce décès opposent le président Félix Tshisekedi à plusieurs figures de l’opposition.
La mort de Manassé Lomboto au cœur du dossier
Prince Epenge avait été arrêté à l’aéroport international de N’djili alors qu’il devait rejoindre Rome pour le conclave de la coalition C64. Selon le parti de Martin Fayulu, il avait d’abord été porté disparu, puis localisé au Conseil national de cyberdéfense, où il était auditionné, avant son transfert au parquet de Kinshasa/Gombe.
Concernant Manassé Lomboto, âgé de 25 ans, deux versions restent opposées. Martin Fayulu affirme qu’il est mort des suites de l’agression du 15 septembre, lors de la marche de l’opposition à Kinshasa. La C64 accuse la Force du progrès de l’UDPS d’être responsable de sa mort. Selon mediacongo.net, Félix Tshisekedi a, pour sa part, soutenu devant la diaspora congolaise à Moscou que le jeune homme était décédé de maladie.
Mediacongo.net indique qu’aucune pièce médicale n’avait été rendue publique par les parties. La dépouille demeure à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente des investigations annoncées. Martin Fayulu réclame une enquête indépendante, impartiale et approfondie.
La place de la parole présidentielle contestée
Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le Changement, reproche au chef de l’État d’intervenir publiquement dans une affaire soumise aux juges. Il estime que ses déclarations risquent d’être interprétées comme une injonction politique aux magistrats. Il affirme également avoir vu Manassé Lomboto participer à la marche et se dit disposé à témoigner.
Le transfèrement suscite aussi la protestation de Devos Kitoko, secrétaire général de l’ECIDé, qui y voit une atteinte au combat démocratique. Clément Muza annonce que la défense poursuivra ses démarches pour obtenir la liberté de Prince Epenge. Les accusations politiques et les versions concurrentes du décès restent, à ce stade, distinctes des conclusions attendues des investigations.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: Actualite.cd, mediacongo.net
