Clémentine de Montjoye, chercheuse senior à Human Rights Watch (HRW), appelle Washington à faire pression sur les autorités congolaises pour qu’elles enquêtent sur les exactions de leurs propres forces et poursuivent les responsables. Elle demande que la protection des civils dans l’Est de la RDC et la reddition des comptes occupent une place centrale dans les négociations de paix.
Cette exigence accompagne son analyse des sanctions américaines contre le Rwanda. Les combats se poursuivent dans l’Est congolais, notamment entre l’armée congolaise et des groupes armés soutenus par Kigali. Pour la chercheuse, les sanctions doivent s’accompagner de mesures concrètes destinées à mettre fin aux exactions.
Les obligations de Kinshasa également mises en avant
Clémentine de Montjoye rappelle que, selon les Nations unies, le M23 est le principal auteur des violations des droits humains documentées en 2025, suivi de l’armée congolaise. Son appel porte ainsi sur les exactions du M23 comme sur la responsabilité des forces congolaises.
Elle exhorte Washington à obtenir des autorités congolaises qu’elles assurent le respect du droit humanitaire par leurs forces et cessent de soutenir les groupes armés abusifs. Ces demandes complètent celles concernant les enquêtes et les poursuites contre les responsables d’exactions.
Des sanctions élargies entre février 2025 et octobre 2026
Le 20 février 2025, Washington a sanctionné James Kabarebe, alors ministre d’État rwandais chargé de l’Intégration régionale, accusé de jouer un rôle central dans le soutien de Kigali au M23. Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement rebelle, et deux de ses sociétés ont également été visés.
Le 2 mars 2026, le Trésor américain a inscrit sur sa liste noire les Forces de défense rwandaises et quatre hauts responsables militaires : Vincent Nyakarundi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga et Stanislas Gashugi. Le 25 juin suivant, Washington a ciblé des acteurs présentés comme impliqués dans le trafic illicite de minerais congolais vers le Rwanda.
Le 28 octobre 2026, les mesures ont été étendues au ministère rwandais de la Défense et à Zigama Credit and Savings Society. Cette institution financière, liée aux services de sécurité rwandais, est accusée d’avoir facilité des transactions associées au soutien au M23 et au commerce illicite de minerais congolais.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
