Dimanche 25 octobre, Jean-Claude Lubaya, président du Mouvement d’action pour le redressement du Congo (M.A.R.C.), a publié un communiqué sur son compte X pour critiquer les propos de Félix Tshisekedi sur la Constitution. Le même jour, l’opposant Emery Okundji a également fait part de sa réaction dans une déclaration.
Ces réactions font suite aux déclarations tenues la veille, samedi 24 octobre, lors d’un échange entre le chef de l’État et des députés et sénateurs de sa majorité. Des comptes rendus de cette rencontre rapportent que Félix Tshisekedi a déclaré ne pas aimer la Constitution en vigueur et a laissé à sa majorité la responsabilité de décider de l’opportunité de la modifier. Il a notamment évoqué l’échéance de 2028 : « Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. »
Pour Jean-Claude Lubaya, ces propos constituent un reniement du serment prêté devant Dieu et la Nation. Il rappelle qu’aucune disposition constitutionnelle n’oblige le président à aimer la Constitution, mais qu’elle lui impose de la respecter, de la défendre et d’en garantir le respect, en se référant notamment aux articles 69 et 74. Selon lui, le président doit quitter ses fonctions à la fin de son deuxième mandat, en décembre 2028.
Le M.A.R.C. demande à Félix Tshisekedi de réaffirmer solennellement son respect de la Constitution et de son serment. À défaut, il l’exhorte à assumer les conséquences politiques et institutionnelles de ses déclarations, y compris une éventuelle démission, en référence aux articles 75 et 76. Le parti met aussi en garde contre une modification de la Constitution dans le contexte actuel, estimant qu’elle pourrait peser sur la stabilité institutionnelle et la cohésion nationale. Jean-Claude Lubaya plaide pour un dialogue national inclusif afin de dégager un consensus sur les conditions de retour à la paix, la réconciliation nationale et la gestion des divisions.
De son côté, Emery Okundji rappelle que Félix Tshisekedi, élu et réélu sous cette Constitution, a prêté serment de la respecter et de la défendre. Il affirme que l’article 220 protège le caractère renouvelable une seule fois du mandat présidentiel et que cette disposition n’est ni négociable ni révisable au gré des ambitions personnelles. Il juge la déclaration du président préoccupante et estime qu’elle laisse craindre une volonté de personnaliser le pouvoir. Il appelle Félix Tshisekedi à renoncer à toute manœuvre visant à contourner les limites constitutionnelles de son pouvoir s’il veut réellement la paix.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: radiookapi.net, mediacongo.net
