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Kolwezi : les exploitants miniers artisanaux exigent des débouchés

La ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a été le théâtre d’une nouvelle journée de tensions ce lundi 26 octobre. Des exploitants miniers artisanaux sont descendus dans les rues pour exprimer leur mécontentement, notamment dans les quartiers de Mutoshi et Kasulo, où la situation reste préoccupante après près d’une semaine de crispation.

Des coups de feu ont été entendus jusque dans le centre-ville, créant une psychose généralisée. Des pneus ont été brûlés et des actes de vandalisme ont été signalés. Les forces de l’ordre et de sécurité, déployées dans plusieurs secteurs, ont contenu les manifestants qui tentaient de progresser vers le centre-ville. De nombreux commerces sont restés fermés et les établissements scolaires n’ont pas fonctionné.

Pourquoi la colère ne retombe pas

Interrogés ce lundi matin, plusieurs exploitants artisanaux ont affirmé détenir des minerais sans savoir où les écouler. Ils réclament l’ouverture immédiate de toutes les entités de traitement et rejettent l’obligation de vendre leur production au Centre de négoce de Musompo, qu’ils jugent trop éloigné. Ils contestent également les opérations d’expertise menées par le Centre d’évaluation, d’expertise et de certification (CEEC).

Cette exigence s’inscrit dans un renforcement du contrôle de la commercialisation des minerais artisanaux par l’État congolais. Les acheteurs, notamment chinois, sont désormais tenus de respecter les circuits légaux. Le 26 septembre dernier, sept ressortissants chinois avaient d’ailleurs été refoulés de Kolwezi, soupçonnés d’achats illicites de minerais dans des concessions minières industrielles.

Le cas de Kamilombe, un autre point de crispation

La question du site de Kamilombe cristallise aussi les tensions. Lors d’une réunion la semaine dernière, le responsable de la coopérative qui encadre les exploitants artisanaux avait signé un protocole d’accord prévoyant leur départ. En contrepartie, un nouveau site a été attribué à environ 35 kilomètres de Kamilombe. Le gouvernement s’est engagé à payer, par voie bancaire, les minerais déjà extraits ainsi que ceux issus des puits encore en activité, avec des conditions d’évacuation garanties. Les exploitants concernés devaient quitter le site ce lundi 26 octobre.

La réponse des autorités

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, avait assuré qu’aucune entité de traitement n’était fermée. Elle avait invité les exploitants à passer par les coopératives reconnues par l’État pour vendre leur production auprès des sociétés autorisées. De son côté, Chico Kebonte, conseiller du ministre national des Mines, a soutenu que les opérations de contrôle dans les entités de traitement visaient à assainir le secteur et à protéger les intérêts des exploitants artisanaux.

Malgré les réunions de concertation et les engagements pris autour de Kamilombe, la crise reste entière. Les exploitants miniers artisanaux réclament des débouchés accessibles pour leurs minerais et la matérialisation des 33 zones d’exploitation artisanale (ZEA) promises. L’État, déterminé à imposer des circuits de commercialisation conformes à la réglementation, doit encore faire comprendre les avantages de ce dispositif sur le terrain.

A lire aussi : Kolwezi : creuseurs perturbent des quartiers contre contrôles miniers ; Kolwezi : une zone artisanale annoncée, sans calendrier

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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