Félix Tshisekedi a réuni samedi les députés et sénateurs de l’Union sacrée pour les mobiliser avant le dialogue national congolais et répondre à leurs inquiétudes. Il leur a demandé d’expliquer cette démarche à leurs électeurs, affirmant qu’elle devait rendre au pays une certaine « normalité » et ne visait pas à le maintenir au pouvoir.
La préparation du dialogue doit se préciser la semaine prochaine avec la nomination annoncée de ses animateurs, des coordinations nationale et provinciales ainsi que des superviseurs de chaque province. Deux cofacilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, sont également annoncés pour appuyer les travaux.
La Constitution congolaise évoquée devant les élus
Selon une source présente à la rencontre, le chef de l’État aurait exprimé son désaccord avec la Constitution congolaise et renvoyé aux parlementaires la responsabilité d’une éventuelle modification. Il aurait déclaré : « Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. » Ces propos sont rapportés au conditionnel.
Félix Tshisekedi a par ailleurs présenté sa mission comme celle de remettre le pays sur les rails et d’y installer une paix durable. Aux élus de sa famille politique, il a demandé de rassurer la population et de rester unis autour de la République et de l’unité nationale, en assurant que la situation était sous contrôle à tous les niveaux.
Joseph Kabila au centre des critiques présidentielles
Cette réunion intervient deux semaines après la prise de tête par Joseph Kabila du Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l’AFC/M23, le 12 octobre à Goma. Félix Tshisekedi a accusé son prédécesseur d’avoir été poussé à s’afficher pour donner une coloration congolaise à ce qu’il qualifie d’agression. Selon son analyse, les sanctions et la pression militaire congolaise auraient asphyxié Kigali.
Le président a également accusé Paul Kagame d’avoir longtemps diabolisé la RDC dans les capitales étrangères. Il affirme avoir mis fin à cette dynamique et rendu plus difficile le pillage des ressources naturelles congolaises.
Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi s’est dit confiant dans l’armée, qu’il affirme avoir reprise en main et dont il assure qu’elle monte en puissance. Il a toutefois reconnu la persistance d’infiltrations.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
