Le financement des études de faisabilité constitue l’une des lacunes relevées par le Centre de recherches en finances publiques et développement local (Crefdl) dans la préparation des corridors de Lobito et de Banana. Dans son rapport rendu public le 23 octobre 2026, l’organisation affirme n’avoir retrouvé aucun crédit consacré aux études de préfaisabilité et de faisabilité dans les lois de finances de 2023 à 2025 qu’elle a analysées. Ces projets présentent pourtant, selon elle, d’importantes perspectives de transport et d’emploi pour la RDC.
Des projets absents des programmes d’investissements publics
Le rapport Crefdl relève également que les programmes d’investissements publics 2025-2028 et 2026-2028, élaborés par les ministères du Budget et du Plan, ne mentionnent pas ces corridors. L’organisation déplore l’absence de stratégie sectorielle intégrant leur gestion, ainsi que de projets connexes dans les plans provinciaux et locaux.
À ces insuffisances de planification s’ajoute un déficit de participation citoyenne aux infrastructures concernées. Selon Valéry Madianga, coordonnateur national du Crefdl, les discussions restent limitées au gouvernement, aux entreprises et aux partenaires. Les projets ne font pas non plus l’objet d’une vulgarisation auprès des communautés bénéficiaires, indique le rapport.
Sakania-Banana : des économies de transit attendues
Le corridor Sakania-Banana est présenté comme un moyen de mettre fin à la dépendance du transit des minerais envers les corridors de Durban et de Dar es Salaam. Le Crefdl prévoit une réduction de 25 à 30 % du coût de transit par conteneur. Une fois la route entièrement asphaltée, le trajet entre Sakania et Banana prendrait quatre jours.
Les investissements annoncés restent considérables : environ 1,8 milliard de dollars pour la voie routière et entre 8 et 10 milliards de dollars pour la voie ferroviaire. Le volume de fret prévu pour cette dernière dépasse 50 millions de tonnes par an. Le rapport annonce aussi 55 000 emplois à terme pour le projet et une capacité de réception supérieure à 32 000 conteneurs par an au port de Banana.
Lobito : un objectif de 20 000 tonnes par mois
Pour le corridor de Lobito, le rapport présente un parcours de 1 739 kilomètres entre Kolwezi et Lobito, en Angola, réalisable en huit jours. La capacité mensuelle de fret à l’exportation, donnée à 10 000 tonnes, devrait atteindre 20 000 tonnes d’ici la fin de l’année, puis 100 000 tonnes à long terme. Le recrutement de 1 500 travailleurs est annoncé sur les cinq prochaines années.
Ces perspectives s’accompagnent de risques identifiés par le Crefdl : tracasseries fiscales, corruption dans la création d’entreprises locales, exonérations en cascade et perte de confiance des communautés. L’organisation évoque également le partage des revenus et le blanchiment de capitaux. Selon elle, l’absence de textes harmonisés sur les tarifs de transit et les droits de douane entre la RDC, l’Angola et la Zambie pourrait favoriser l’opacité et la fuite des capitaux.
Financer les études pour préparer les investissements
Le Crefdl demande l’inscription au budget de l’État de crédits destinés aux études de préfaisabilité et de faisabilité. Il présente ce financement comme un moyen de préparer les dimensions techniques, environnementales et économiques des projets, tout en soutenant la viabilité et la rentabilité des partenariats public-privé.
Après sa restitution, le rapport a été remis à des secrétaires généraux et représentants des ministères, notamment des Infrastructures, du Plan et de l’Aménagement du territoire. Les responsables présents ont assuré leur collaboration pour améliorer les futurs rapports. Les réductions de coûts et les créations d’emplois évoquées restent des projections ; le Crefdl souligne ainsi les lacunes de préparation et de gouvernance qui accompagnent ces perspectives économiques.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
