L’Assemblée nationale et le gouvernement ont condamné les menaces de Fils Mukoko contre les Occidentaux et leurs représentations diplomatiques à Kinshasa. Au-delà des déclarations de ce cadre de l’UDPS sur une distribution prochaine d’armes, leurs prises de position mettent en avant la responsabilité de la RDC dans la protection des missions étrangères.
À l’ouverture de la plénière du mercredi 21 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a qualifié ces propos de « violence inouïe » et les a jugés « contraires à la loi ». Selon lui, ils contreviennent à l’article 190 de la Constitution, qui interdit aux civils de porter des armes de guerre.
La protection des ambassades au cœur de la réponse institutionnelle
Aimé Boji Sangara a rappelé les engagements de la RDC au titre de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques, en soulignant le devoir de protection des représentations étrangères et de leur personnel. Il a également estimé que les déclarations de Fils Mukoko allaient à l’encontre des intérêts du pays, évoquant le partenariat politique, diplomatique et économique avec la Belgique ainsi que le soutien de Bruxelles à la cause congolaise au sein de l’Union européenne.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a pour sa part précisé que ces déclarations n’engageaient ni le gouvernement ni aucune autre institution. Dans un message publié sur X, il a annoncé la saisine du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), de l’Hôtel de ville et des autres services concernés. Il a aussi assuré les missions diplomatiques que des dispositions avaient été prises pour leur sécurité, celle de leur personnel et l’inviolabilité de leurs sièges.
Pour le ministre de la Communication et Médias, l’incitation à la violence risque de compromettre les efforts du président de la République, du gouvernement et des partenaires internationaux, dont la Belgique, pour le retour de la paix dans les territoires sous occupation.
Révocation, embargo médiatique et enquête demandée
Ancien directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), Fils Benoît Mukoko a été révoqué par le gouverneur de Kinshasa après la diffusion de la vidéo. Le ministre de la Justice a instruit l’ouverture d’une enquête à son encontre. Le CSAC lui a imposé un embargo médiatique de 88 jours et l’a convoqué. L’UDPS s’est également désolidarisée de ses déclarations, en réaffirmant son attachement à la non-violence.
Dans cette vidéo, Fils Mukoko annonçait que des armes seraient distribuées sur des terrains de football, dans des églises et dans des universités. Il menaçait les Occidentaux présents dans la capitale, affirmant qu’ils auraient du mal à quitter Kinshasa, et annonçait un rassemblement devant l’ambassade de Belgique.
A lire aussi : Kinshasa : Fils Mukoko suspendu de la RASKIN après ses menaces ; Patrick Muyaya condamne les propos attribués à Fils Mukoko
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: Actualite.cd, mediacongo.net, actu30.cd
