Le groupe armé Twirwaneho a publiquement exprimé ses réserves quant au leadership de Joseph Kabila, tout en exigeant la réhabilitation du général autoproclamé Michel Sematama. Cette prise de position intervient quelques jours après l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), coalition politico-militaire dirigée par l’ancien président congolais.
Actif dans les hauts plateaux du Sud-Kivu et allié historique de la rébellion du M23, le Twirwaneho a fait part de ses griefs dans une déclaration politique parvenue aux rédactions. Les cadres du groupe affirment ne pas accorder une confiance aveugle à Joseph Kabila, lui reprochant notamment son « inaction présumée » face aux violences ayant ciblé la communauté Banyamulenge durant ses dix-huit ans de règne. Ils évoquent expressément les événements tragiques de 1996 et qualifient cette mémoire de « blessure ouverte dans nos cœurs ».
Au-delà de ce désamour historique, le principal point de friction réside dans la restructuration interne de la rébellion. Le Twirwaneho fustige la mise à l’écart du général autoproclamé Michel Sematama, estimant que ses efforts sur le terrain militaire doivent être reconnus à leur juste valeur au sein du commandement unifié. Pour y remédier, le groupe propose un « plan B » : aligner le leadership politique de Moïse Kaniki et maintenir le général Sematama en soutien direct au chef militaire du M23, le général Sultani Makenga.
Cette prise de distance officielle illustre la fragilité des alliances de façade au sein du FRN. Malgré les tentatives de centralisation de la rébellion sous l’égide d’anciennes figures politiques de Kinshasa, les revendications communautaires et identitaires des milices locales du Sud-Kivu continuent de primer. En conclusion de son communiqué, le Twirwaneho prévient : « Cette fois, notre lutte doit aboutir ». Reste à savoir si le M23 et son nouveau chef de file, Joseph Kabila, sauront désamorcer cette fronde interne ou si le Sud-Kivu s’apprête à devenir le théâtre d’une nouvelle fragmentation des forces rebelles.
A lire aussi : Joseph Kabila à la tête d'un mouvement politico-militaire à Goma ; Kinshasa accuse Joseph Kabila de préparer une offensive avec le M23
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
