Le vendredi 16 octobre 2026, l’organisation de la société civile Congo nouveau, membre du consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), a réuni trente acteurs de la société civile de Kinshasa au Centre d’étude pour l’action sociale (Cepas), dans la commune de la Gombe. Cette Tribune d’expression populaire s’inscrivait dans le cadre du projet «Améliorer la gouvernance financière de la RDC, tant en matière de collecte des ressources internes que de gestion des dépenses ».
L’objectif était de renforcer la participation citoyenne autour des projets d’infrastructures routières, et plus particulièrement des rocades de Kinshasa. Selon Serge Kambale, directeur de Congo nouveau, le gouvernement décide souvent de réaliser des projets sans impliquer la population. Pour ce projet de rocades, estime-t-il, l’implication de la société civile est indispensable afin de produire un cahier des charges à présenter comme plaidoyer aux autorités.
Un coût au kilomètre jugé excessif
Au cours des échanges, une question d’efficience a été soulevée. D’après les standards évoqués, le financement d’un kilomètre de rocade est estimé à 2 millions de dollars. Mais selon l’analyse présentée par l’organisation, ce coût serait en réalité d’environ 5 millions de dollars par kilomètre, dépassant ainsi largement le standard. Cette recommandation sur l’efficience invite le gouvernement à examiner ces chiffres.
La qualité des infrastructures a également été au centre des préoccupations. Les résultats d’une étude menée par le Centre de recherche d’études évaluatives de l’Université de Kinshasa (CREEUK) indiquent que la couche de goudron n’atteint que 7 centimètres d’épaisseur. Or, ces voies sont destinées à supporter le passage d’engins lourds. La crainte exprimée est qu’un projet ayant consommé des millions de dollars se détériore après seulement une ou deux années.
Des indemnisations encore attendues
Sur le plan social et environnemental, la Tribune d’expression populaire a recommandé au gouvernement d’indemniser les populations dont les parcelles situées le long des rocades ont été détruites. De nombreuses personnes ont perdu leurs terrains et n’ont pas encore été indemnisées, a indiqué Serge Kambale. L’organisation plaide pour que le gouvernement paie ces indemnisations afin que la joie apportée par la route ne se transforme pas en souffrance pour les propriétaires dépossédés.
Le projet des rocades sud-est et sud-ouest de Kinshasa est une voie rapide périphérique de 73 kilomètres destinée à désengorger la capitale congolaise en reliant l’est (aéroport de N’djili) à l’ouest (Lutendele / Mbudi). Les recommandations issues de cette tribune visent à améliorer la gouvernance financière de ce projet d’envergure.
A lire aussi : Masisi : la société civile dénonce violences et déplacements forcés ; Kinshasa : la société civile exige la transparence des contrats SNEL
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
