Le 12 octobre, la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) a été annoncée à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, sous occupation rebelle, selon Actu30. Le lendemain, les députés provinciaux ont exprimé leur rejet de cette initiative, qu’ils assimilent à une nouvelle dénomination de l’AFC-M23. Selon MédiaCongo, la position a été consignée dans une déclaration au bureau provisoire de l’Assemblée provinciale. Actu30 précise que le vice-président de l’organe délibérant, Pelo Kyakwa, a porté cette condamnation à l’issue d’une rencontre interinstitutionnelle avec le gouverneur militaire.
Les élus dénoncent une tentative de légitimation de l’agression rwandaise à travers cette nouvelle appellation. Ils rappellent les conséquences des conflits armés dans la province : déplacements massifs de populations, pertes en vies humaines et destruction du tissu économique, et ce depuis 1996.
Dans leur déclaration, ils estiment qu’on ne peut pas gouverner dignement un peuple que l’on tue et réitèrent leur opposition à toute nouvelle aventure de guerre. Ils invitent les Congolaises et les Congolais, en particulier les jeunes du Nord-Kivu, à refuser toute instrumentalisation politique, tout recrutement au sein des groupes armés et tout discours susceptible de nourrir de nouvelles violences.
Sur le plan sécuritaire, les députés recommandent au gouvernement congolais de renforcer les capacités opérationnelles des FARDC et des Wazalendo. Ils plaident pour la poursuite des démarches diplomatiques en vue de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. À la communauté internationale, ils demandent des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.
Ils dénoncent le non-respect présumé par le Rwanda de ses engagements diplomatiques et estiment que l’apparition du FRN risque de compromettre le processus de paix de Doha. Les élus réclament notamment la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 21 février 2025, avec le retrait des troupes rwandaises, la cessation de tout soutien à l’AFC-M23 et l’adoption de mesures concrètes en faveur de la paix.
Les députés provinciaux réaffirment leur soutien aux initiatives du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la défense de la souveraineté nationale, de la préservation de l’intégrité territoriale et du rétablissement de la paix. Ils soutiennent également les processus diplomatiques de Doha et de Washington, dans l’espoir d’aboutir à la cessation définitive des hostilités et à la protection des civils.
Estimant que la population congolaise a payé un lourd tribut humain et matériel après des décennies de conflits, les élus encouragent tout dialogue national sincère susceptible de favoriser la réconciliation et la cohésion nationale, tout en rejetant toute tentative de conquête du pouvoir par les armes. Ils affirment que leur combat est celui de la vie contre la mort, de la paix contre la guerre et de l’unité contre la division.
La déclaration se conclut par un appel à la paix et à l’unité : refus de la guerre comme instrument politique, refus de la balkanisation et de la soudanisation du pays, et oui au dialogue et à la paix.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: mediacongo.net, actu30.cd
