AccueilActualitéLe Brief du JourDebrief RDC : Ebola, tensions Belgique, crise à Bulungu et routes bloquées

Debrief RDC : Ebola, tensions Belgique, crise à Bulungu et routes bloquées

Le débrief du 17 octobre 2026 met en lumière plusieurs urgences qui secouent la RDC : l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu atteint un niveau critique, les tensions entre Kinshasa et Bruxelles s’aggravent après des perquisitions, la prison de Bulungu est au bord du drame humanitaire, et les conflits dans l’Est paralysent des axes économiques vitaux.

Nord-Kivu : une Journée Stop Ebola face à une épidémie hors de contrôle

Le lundi 19 octobre 2026, le Nord-Kivu observera une « Journée Stop Ebola ». Annoncée le 9 octobre par un communiqué signé à Beni par David Kamuha Musubao, directeur de cabinet du gouverneur, cette journée vise à rendre hommage aux victimes, à soutenir les familles et à renforcer la sensibilisation contre la maladie. Au 8 octobre, la province comptait 1 859 cas confirmés, dont 1 110 décès et 496 cas actifs, selon l’autorité provinciale. Le communiqué précise que les activités professionnelles, commerciales et scolaires, les cultes et les autres activités non indispensables seront suspendus pendant cette journée. Les établissements de soins, les pharmacies, les équipes de riposte contre Ebola et les services de sécurité poursuivront normalement leurs missions. Cette décision fait suite à une réunion de concertation réunissant autorités politico-administratives, leaders communautaires, société civile, femmes, jeunes, mouvements citoyens, confessions religieuses et opérateurs économiques. L’objectif affiché est de renforcer la mobilisation collective pour la prévention, encourager l’adhésion aux activités de riposte et limiter la propagation du virus au Nord-Kivu. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Perquisitions en Belgique et tension diplomatique avec Kinshasa

Des perquisitions ont été menées en Belgique dans le cadre d’une instruction judiciaire pour blanchiment d’argent présumé visant des proches du président Félix Tshisekedi. Selon La Libre Belgique, les opérations ont eu lieu le mercredi 14 octobre à Bruxelles et dans plusieurs communes environnantes, notamment au domicile du chef de l’État et de ses proches. Me Hervé Diakiese, avocat des plaignants, considère que ces perquisitions constituent une étape importante de la procédure judiciaire et qu’elles démontrent le sérieux accordé à la plainte ainsi qu’aux éléments présentés à son soutien. La plainte a été déposée en juillet 2025 auprès de la justice belge par des organisations de la société civile du Grand Katanga, dont des syndicats. Elles dénoncent des faits présumés de corruption, de détournement de fonds, de blanchiment d’argent et des irrégularités liées à l’exploitation des ressources minières dans cette région. Parallèlement, une tension diplomatique est apparue entre Kinshasa et Bruxelles. Jeudi 15 octobre, une note attribuée au directeur de cabinet du président de la République, Anthony Nkinzo Kamole, a fuité sur les réseaux sociaux. Elle interdit aux membres du cabinet présidentiel tout contact direct ou indirect avec l’ambassade de Belgique à Kinshasa, jusqu’à nouvel ordre. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a réagi avec surprise à cette interdiction, estimant qu’aucune situation ne justifiait l’interdiction des contacts avec l’ambassade de Belgique. Le même jour, la ministre d’État congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu à Kinshasa l’ambassadrice de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Prison de Bulungu : un détenu décède, plus de 90 en état critique

À la prison de Bulungu, dans la province du Kwilu, un détenu est décédé cette semaine des suites d’un manque de nourriture et de soins médicaux. La société civile locale alerte également sur l’état critique de plus de 90 autres prisonniers, selon les informations recueillies lors d’une visite sur place. Cette situation résulte d’une difficulté croissante à assurer la prise en charge alimentaire des détenus depuis deux semaines. L’absence de subvention étatique depuis neuf mois, signalée par la société civile, complique davantage l’approvisionnement en vivres et en médicaments. Me Dirigeant Munzende, président de la société civile de Bulungu, décrit des conditions de détention critiques : la prison ne dispose pas d’espace suffisant pour s’asseoir ou dormir, et les détenus n’ont pas accès à une nourriture régulière. Le poste de santé présent dans l’établissement n’est pas approvisionné, car son fonctionnement dépend de la subvention qui permet d’acheter les médicaments. La société civile exige une intervention immédiate du gouvernement pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines. Cette alerte s’inscrit dans un contexte plus large : dans la région ouest de la RDC, de nombreuses prisons connaissent des conditions carcérales difficiles. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Le PALU appelle à un dialogue national pour éviter la guerre civile

Le Parti lumumbiste unifié (PALU) a lancé, vendredi, un appel à un règlement pacifique de la crise politique et sécuritaire en RDC. La déclaration, rendue publique au siège du parti à Kinshasa, met en garde contre une aggravation des tensions et évoque le risque d’une guerre civile, avec « d’innombrables victimes innocentes ». Le PALU appelle les acteurs politiques à éviter les discours qui exacerberaient les tensions, et dénonce ceux qui incitent les Congolais à « accroître leurs colères respectives ». Le parti invite le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à user de ses prérogatives constitutionnelles pour un règlement pacifique, en organisant un ou plusieurs dialogues nationaux inclusifs. Le document appelle également le président honoraire Joseph Kabila et ses alliés à renoncer à la voie guerrière pour privilégier une résolution pacifique de la crise. Au-delà du niveau national, le PALU sollicite de l’Union africaine et des Nations unies « une assistance permanente de la RDC » pour accompagner les efforts de paix. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Fonds Ebola au Haut-Uele : Joseph Bangakya exige des sanctions

Le député national Joseph Bangakya, élu du Haut-Uele, a rendu publique samedi 17 octobre 2026 une déclaration dans laquelle il appelle à l’établissement des responsabilités au sein du caucus des élus de cette province, concernant la gestion des fonds destinés à la sensibilisation communautaire contre l’épidémie à virus Ebola Bundibugyo. Dans cette déclaration, il s’interroge sur les suites réservées à sa dénonciation et réclame redevabilité et sanctions. Lors de la plénière du lundi 12 octobre à l’Assemblée nationale, Joseph Bangakya avait déjà dénoncé, à travers une motion d’information, le partage entre quelques députés nationaux du Haut-Uele des fonds destinés à la sensibilisation communautaire, sous forme de primes. Selon ses déclarations, un groupe de députés aurait décidé de se partager l’argent de la riposte contre Ebola sous prétexte de frais de mission pour un déplacement effectué dans la province, à l’invitation du gouverneur qui avait pris en charge les frais de déplacement et de représentation. Cette interpellation intervient après le changement à la tête du caucus des députés nationaux de la Tshopo, sur fond de controverse autour de la gestion d’une enveloppe de 50 000 dollars américains destinée à la même activité. Pour Joseph Bangakya, l’heure est désormais à la clarification des responsabilités dans le Haut-Uele. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Sud-Kivu : la route Nzibira-Shabunda bloquée, un « crime de guerre » dénoncé

La route Nzibira-Shabunda, dans le groupement de Kaniola (Sud-Kivu), est bloquée depuis près de quatre semaines, a dénoncé vendredi 16 octobre la Société civile forces vives de cette entité. Selon cette organisation, les combattants de l’AFC/M23, également connus sous l’appellation Front pour la refondation de la nation (FRN), subordonnent la levée du barrage au recrutement de dix jeunes de Nzibira dans leurs rangs. Ce blocage a des répercussions sur l’économie et la santé : les commerçants ne parviennent plus à convoyer leurs marchandises vers les marchés et des malades peinent à atteindre les formations sanitaires. Des notables locaux font état de produits commerciaux qui périssent faute de débouchés. La société civile locale considère ce blocage comme un « crime de guerre » et une violation des droits des civils. Elle exige la réouverture immédiate de la route Nzibira-Shabunda et enjoint les autorités provinciales et nationales à renforcer la protection des populations. D’après les informations transmises par la société civile, les localités de Nzibira et de Kaniola demeurent sous l’emprise de la rébellion. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Walikale : la fermeture de la route Goma-Walikale fait flamber les prix

La fermeture de la route Goma-Walikale par les rebelles du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) depuis environ un mois a entraîné une flambée des prix des produits de première nécessité dans plusieurs agglomérations du territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Les opérateurs économiques sont contraints d’emprunter des itinéraires de contournement plus longs et plus coûteux, ce qui se répercute directement sur les prix de vente. À Kibua, Mpofi, Mutongo et Pinga, les consommateurs subissent les conséquences de cette perturbation logistique. Le prix d’un savon est passé de 1.000 à 2.500 francs congolais (FC), tandis qu’un sachet de sel se négocie désormais à 5.000 FC contre 1.500 FC auparavant. Cette hausse touche aussi les produits locaux : un verre de haricots, qui coûtait 500 FC, se vend aujourd’hui 1.500 FC ; un gobelet de farine de manioc est passé de 500 à 1.000 FC. Les familles à faibles revenus voient leur pouvoir d’achat se réduire, rendant l’accès aux biens essentiels de plus en plus coûteux. La réouverture de la route apparaît comme un enjeu important pour faciliter l’approvisionnement des marchés et contribuer à la stabilisation des prix. Lire l’article complet sur CongoQuotidien.

Du Nord-Kivu au Kwilu, en passant par Kinshasa et le Sud-Kivu, la journée du 17 octobre 2026 révèle une accumulation de crises sanitaires, politiques et humanitaires. La réponse des autorités aux urgences Ebola et carcérale, ainsi que la gestion des tensions diplomatiques, détermineront l’évolution des prochains jours.

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