Franck Diongo, opposant de la plateforme « Sauvons la RDC », a défendu la décision de Joseph Kabila de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme un mouvement armé, lors d’un débat face à Lambert Mende, cadre de l’Union sacrée, dans un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.
Pour Diongo, cette option découle directement du refus du dialogue par le président Félix Tshisekedi. Il a affirmé que l’action de Kabila est légale au regard de l’article 64 de la Constitution, qui permettrait selon lui à la population de s’organiser pour contester, rejeter et faire une révolution afin de mettre un terme à l’arbitraire. Il a soutenu que cette disposition ne renvoie à aucune loi d’application et ne pose aucune interdiction.
L’opposant a dénoncé ce qu’il présente comme un revirement du pouvoir sur le statut de Joseph Kabila. Il s’est dit surpris que l’on reconnaisse aujourd’hui Kabila comme ancien chef d’État, alors que l’ancien président aurait donné le pouvoir de bonne foi. Diongo a énuméré les humiliations, les menaces, un exil de six ans et une condamnation à mort qu’il juge gratuite et fondée sur un dossier fabriqué et vide.
Il a ironisé sur les choix laissés à Kabila : s’agenouiller devant le chef de l’État ou rejoindre les 48 généraux en prison. Selon Diongo, lorsque toutes les voies pacifiques sont fermées, la seule issue restante est la violence. Cette position découle, selon lui, du blocage politique : l’ancien président aurait décrit dans ses discours l’effondrement, la dégradation du pays et l’étendue de la crise, et la solution initiale de la plateforme « Sauvons la RDC » était le dialogue.
Diongo a rappelé que le Congo est un fruit de compromis et que chaque crise passée a été résolue par le dialogue, citant la Conférence nationale souveraine et le Dialogue intercongolais de Sun City. Il a accusé le fils d’Étienne Tshisekedi de refuser ce dialogue et de proposer un monologue destiné à prolonger son mandat et à changer la Constitution, avec des règles, un arbitre et des juges qu’il désigne lui-même.
Concernant le FRN, Diongo a assuré qu’il ne s’agit pas d’une rébellion comparable au RCD ou au MLC, car l’existence d’une Constitution changerait la nature de l’action. Il a aussi estimé qu’aucun ancien président ne devient un citoyen de seconde catégorie après son départ du pouvoir et que Kabila a le droit de défendre ses convictions, de contester des décisions, de chercher des alliances et de réclamer les garanties constitutionnelles qui lui sont dues.
L’opposant a en outre retourné l’argument de la légalité contre le pouvoir, en demandant quel article autorise le gouvernement à armer les Wazalendo, à disposer d’une milice des Forces du progrès ou à recourir à des mercenaires, pratiques qu’il juge interdites par le droit congolais et par l’Union africaine. Il a également affirmé que Kabila avait fui le pays en raison de l’insécurité et que, à son retour dans des zones qualifiées d’espace libéré, des drones auraient été envoyés pour le tuer.
Sur l’hypothèse d’un dialogue, Diongo a indiqué que Kabila viendrait si le président Tshisekedi revenait à de bons sentiments, mais a refusé ce qu’il appelle les dialogues à la Tshisekedi. Il réclame un dialogue dont les termes de référence et l’ordre du jour seraient issus d’un consensus, avec une médiation neutre et organisé dans un pays étranger. Il a reproché au chef de l’État d’avoir rejeté les interventions de la SADC.
Enfin, Diongo a conclu que les injures et les attaques personnelles n’empêcheront pas la libération du Congo.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
