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Washington presse Kinshasa sur le plan de démobilisation des FDLR

Le gouvernement congolais doit préciser rapidement les modalités opérationnelles de son plan de démobilisation, de désarmement et de cantonnement des combattants des FDLR. Cette demande a été formulée mardi 13 octobre par Jeffrey Bartos, représentant des États-Unis pour la gestion et la réforme des Nations unies, lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs.

Kinshasa met en avant un protocole d’accord signé avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda, portant sur la démilitarisation, la démobilisation et le cantonnement de ces combattants. Le ministre de l’Intégration régionale Floribert Anzuluni porte ce message du président Félix Tshisekedi auprès des partenaires de la RDC. Pour le gouvernement congolais, ce protocole constitue une avancée majeure dans la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous facilitation américaine. La question des FDLR demeure l’une des principales causes des tensions sécuritaires et diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.

Les exigences américaines

Devant le Conseil de sécurité, les États-Unis ont appelé à la poursuite de la neutralisation des FDLR. Jeffrey Bartos a exigé la cessation immédiate de toute coopération entre les FDLR et des éléments des forces armées congolaises. Le diplomate a salué le rapatriement de plus de 120 anciens combattants et de leurs familles avec le soutien de la MONUSCO, le qualifiant de progrès tangible.

Washington juge encourageant le récent plan congolais de poursuite de la démobilisation. Les États-Unis exhortent la RDC à en préciser les modalités opérationnelles et à engager rapidement la mise en œuvre. La coordination avec la MONUSCO et les partenaires régionaux et internationaux sera essentielle pour obtenir des résultats concrets.

Par ailleurs, les États-Unis appellent la RDC et le Rwanda à saisir l’occasion de la conférence de planification du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité, prévue en octobre. Selon Jeffrey Bartos, cette conférence doit définir des mesures concrètes pour garantir le respect des obligations issues des Accords de Washington. Les deux pays sont encouragés à échanger des informations et à faire progresser les opérations convenues.

Kinshasa et Kigali en désaccord

L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR. Kigali conteste cette démarche : le Rwanda estime que l’accord prévoit la neutralisation et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement.

Kinshasa défend le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais. En juin, au Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, avaient déjà reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation freinent le processus de paix. Les populations civiles restent les principales victimes des hostilités.

A lire aussi : Accord de Washington : mise en œuvre incomplète dans l’Est de la RDC

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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