La création du Front pour la refondation de la nation (FRN) a été annoncée à Goma, dans la résidence de l’ancien président Joseph Kabila. La ville de l’est de la République démocratique du Congo est sous contrôle du mouvement rebelle M23. Le FRN est présenté comme une nouvelle coalition politico-militaire remplaçant l’alliance AFC-M23.
Claude Ibalanky, conseiller du FRN, a déclaré lors de la conférence de presse commune : « Est créé un mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN) », « devient président : Joseph Kabila ».
Joseph Kabila aura pour adjoints les chefs rebelles Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Freddy Kaniki et Sultani Makenga. Le mouvement rassemble les forces de l’ancien président et de l’AFC-M23, qui combat les forces gouvernementales dans l’est du pays.
Une condamnation par contumace et des réactions politiques
Le 30 septembre 2025, un tribunal militaire de haut rang a condamné Joseph Kabila à mort par contumace pour complot, trahison, viol, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il a également été condamné à verser plus de 30 milliards de dollars de dommages et intérêts. Selon le tribunal, l’ancien président était « en intelligence avec le Rwanda » et véritable chef de l’AFC-M23.
La création du FRN a provoqué des réactions à Kinshasa. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a rappelé à Joseph Kabila ses obligations constitutionnelles et contesté sa légitimité à donner des leçons aux élus du peuple. La presse fait état de démissions au sein du PPRD, l’ancien parti de Joseph Kabila, notamment celles d’Allegra Fosh Ngalula, d’India Omari et du rapporteur Patrick Nkanga.
Un risque d’extension des combats
Des analystes congolais estiment que la création du FRN conforte le discours du président Félix Tshisekedi, qui accusait Joseph Kabila d’être le vrai leader de l’AFC-M23. L’analyste Silas Makangu évoque un risque de rapprochement entre les réseaux dormants de Kabila au sein de l’armée et la rébellion. Christian Ndombo Moleka juge probable une reprise des combats dans le Sud-Kivu, vers Uvira, et une extension vers le Katanga, mais peu probable une offensive militaire vers Kinshasa à ce stade.
Selon ces analystes, l’influence rwandaise sur le M23 ne devrait pas fondamentalement changer avec le FRN. Des questions restent sans réponse sur l’attitude du nouveau mouvement vis-à-vis du processus de Doha et du cessez-le-feu signé par le M23.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: mediacongo.net, radiookapi.net
