Les violences basées sur le genre continuent de marquer profondément la province de l’Ituri. D’après les données communiquées par la Division provinciale du Genre, de la Famille et de l’Enfant, plus de 10 000 cas ont été recensés depuis le début de l’année 2026. Ce chiffre s’ajoute aux plus de 20 000 cas enregistrés en 2025. Ces informations ont été rendues publiques à Bunia, lors d’un forum consacré à la paix, à la sécurité et au développement.
La situation ne se limite pas à une comptabilité des violences. La même division a relevé que les conflits armés récurrents et les pesanteurs socioculturelles figurent parmi les principaux facteurs qui fragilisent les droits des femmes dans la région. Au-delà des violences physiques et sexuelles, c’est la place des femmes dans la gouvernance locale qui interroge. Selon les données présentées, leur représentation dans les instances de prise de décision ne dépasse pas 10 % à l’échelle provinciale. Ce taux chute à seulement 3 % au sein des comités locaux de sécurité.
Cette faible présence a des conséquences directes : elle limite la participation des femmes aux décisions liées à la prévention des conflits et à la recherche de solutions aux tensions communautaires. Pourtant, des exemples concrets montrent que leur engagement peut produire des résultats. La Division provinciale du Genre cite des initiatives locales appuyées par la MONUSCO, notamment dans la périphérie de Bunia et dans le sud du territoire d’Irumu. Ces expériences démontrent l’efficacité de l’engagement féminin dans le rapprochement intercommunautaire et le rétablissement de la cohésion sociale.
Un plan d’action pour renforcer la participation
À l’issue des échanges, les participantes au forum ont mis en place un cadre de réflexion et adopté un plan d’action provincial axé sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte appelle notamment à renforcer la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’aux processus de paix. Reste à savoir si ce plan se traduira par des changements mesurables sur le terrain.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
