Dix ans après sa mise en service en janvier 2016, la quatrième passerelle piétonne du boulevard Lumumba, à l’entrée du marché de la Liberté, est devenue un espace commercial informel. Des vendeurs y ont installé leurs marchandises, réduisant l’espace de circulation des piétons entre Masina et N’djili.
Dès les premières marches, un parasol signale la présence des commerçants. Le bruit des mégaphones utilisés pour annoncer les prix accompagne l’étalage de babouches, dentifrices, boîtes de cirage, brosses à dents et parfums. Cette occupation du flanc droit de la passerelle contraint les usagers à se frayer un passage dans une promiscuité grandissante.
Une infrastructure détériorée et peu accueillante
L’activité commerciale se déroule sur une structure visiblement détériorée, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité des usagers. Plus loin, des espaces délimités par des balustrades sont jonchés de détritus et souillés par des matières fécales, rendant le passage peu accueillant.
Cette situation se développe à proximité de plusieurs bureaux des services de l’ordre et de la maison communale de Masina, illustrant le contraste entre la présence des institutions publiques et l’occupation anarchique de l’infrastructure.
Des piétons qui préfèrent le risque routier
Autrefois très fréquentées, les passerelles piétonnes de Kinshasa sont de plus en plus délaissées. Certains usagers préfèrent traverser directement le boulevard Lumumba, au péril de leur vie, jugeant ces ouvrages trop hauts et éprouvants à gravir. D’autres évoquent la présence d’enfants en situation de rue auxquels ils imputent des actes de mendicité, de vol et d’extorsion.
Ces facteurs détournent les piétons d’une infrastructure initialement conçue pour sécuriser leurs déplacements et limiter les traversées à risque sur l’un des axes routiers les plus fréquentés de la capitale.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
