AccueilActualitéÉconomieDollarisation : 87,6 % des dépôts bancaires en devises en RDC

Dollarisation : 87,6 % des dépôts bancaires en devises en RDC

À Kolwezi, dans la province du Lualaba, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a dressé un constat chiffré de la dollarisation du système bancaire congolais. À fin septembre 2026, les dépôts en devises représentaient 87,6 % de l’ensemble des dépôts bancaires, contre 12,4 % pour ceux en francs congolais.

Cette prédominance des devises étrangères a des conséquences directes sur l’économie nationale. Selon le gouverneur, elle limite la portée des instruments de politique monétaire et entretient une dépendance structurelle aux devises étrangères. Elle réduit aussi la capacité à développer des financements de long terme en monnaie nationale, pourtant nécessaires aux entreprises et aux ménages.

Une réforme qui tient compte des réalités minières

Abordant les relations entre l’industrie minière et l’économie nationale, André Wameso a tenu à préciser que la réforme envisagée ne vise pas à ignorer les contraintes du secteur extractif. Il a rappelé que ce secteur est fortement capitalistique, mobilise des financements internationaux considérables, repose sur des équipements importés et s’inscrit dans des chaînes de valeur mondiales.

Pour autant, ces réalités ne doivent pas conduire à considérer comme inévitable une situation où l’expansion de la production minière ne se traduirait que marginalement par un renforcement de la capacité financière nationale. Le gouverneur estime qu’il ne saurait y avoir de contradiction durable entre la compétitivité de l’industrie minière et la solidité de l’économie nationale.

La réglementation du change comme levier

Pour lutter contre la dollarisation excessive et renforcer le rôle du franc congolais, le gouverneur de la BCC mise sur une réglementation des changes mieux adaptée aux réalités économiques du pays. Selon lui, cette réglementation ne doit pas être réduite à un simple ensemble de procédures administratives. Elle constitue un instrument essentiel pour organiser les relations financières de la RDC avec l’extérieur, encadrer les mouvements de devises et préserver la stabilité monétaire.

André Wameso a également insisté sur la nécessité d’adapter ce dispositif aux évolutions de l’économie, aux transformations des marchés et aux exigences de transparence des opérations internationales. C’est dans cet esprit que la Banque centrale du Congo a entrepris la refonte de la réglementation du change de 2014, en veillant à son articulation avec les dispositions du Code minier de 2018.

Cette conférence a été précédée par la session ordinaire du Comité de politique monétaire, qui a maintenu le taux directeur à 12,5 %, et par la Conférence des entités provinciales de la Banque centrale du Congo. Les travaux de cette dernière ont porté sur la proximité provinciale, la souveraineté monétaire, la stabilité financière, l’inclusion financière, la digitalisation et la gestion des risques. L’ensemble de ces activités s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique 2026-2030 de la BCC, qui vise à renforcer la proximité, la performance et l’impact de l’institution sur l’ensemble du territoire national.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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