La Banque centrale du Congo (BCC) a présenté, vendredi 9 octobre 2026 à Kolwezi, les grandes orientations d’une réforme de la réglementation du change. L’objectif est de mieux capter les recettes d’exportation, notamment minières, et de renforcer l’usage du franc congolais dans l’économie nationale.
Le gouverneur André Wameso Nkualoloki a détaillé les trois axes du projet devant des scientifiques, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines et l’Association congolaise des banques (ACB).
Rapatriement plus strict des recettes d’exportation
Le premier axe vise à rendre le rapatriement des recettes d’exportation plus effectif et vérifiable. Le projet prévoit un délai général de 60 jours à compter de la sortie des biens du territoire national, ramené à 20 jours pour l’or et le diamant issus de la production artisanale.
Pour les titulaires de droits miniers, 60 % des recettes concernées devraient être encaissées auprès d’une banque congolaise dans les 15 jours suivant l’encaissement des fonds sur le compte principal ouvert à l’étranger. Les comptes principaux à l’étranger feront l’objet d’un encadrement renforcé pour améliorer la traçabilité des flux.
Affectation plus productive des ressources rapatriées
Le deuxième axe entend favoriser une utilisation plus productive des ressources rapatriées, en insistant sur les opérations de sous-traitance. Le projet prévoit des restrictions à la réaffectation de ces recettes à certains paiements internationaux, y compris via des structures de sous-traitance ou des sociétés affiliées.
Les contrats concernés devraient être exécutés et réglés en francs congolais, avec des exigences renforcées de justification économique et de déclaration.
Renforcement du rôle du franc congolais
Le troisième axe vise à promouvoir l’utilisation du franc congolais dans les transactions domestiques. Le projet prévoit le règlement exclusif en monnaie nationale de certaines dépenses courantes : loyers résidentiels, frais scolaires et académiques, soins de santé, services domestiques d’eau et d’électricité.
Le gouverneur a reconnu que ces orientations soulèvent des questions légitimes sur la gestion de la trésorerie des entreprises, leurs obligations contractuelles et les mécanismes de financement international. Il a assuré que la BCC ne cherche pas à opposer l’intérêt national aux intérêts légitimes des investisseurs.
Selon les chiffres présentés par André Wameso, sur la période 2023-2025, les exportations totales ont atteint 93,2 milliards de dollars, les déclarations de rapatriement 54,4 milliards, mais les dépôts en devises dans le système bancaire n’ont augmenté que de 3,8 milliards. Le gouverneur a jugé cette situation non soutenable, aggravée par une forte dollarisation du système bancaire.
Le vice-gouverneur du Lualaba, Clément Mufundji Tshinat Karl, a salué les efforts de la BCC et souligné qu’un environnement monétaire plus prévisible facilite la planification des dépenses et la préparation des investissements.
La réforme s’appuie sur la réglementation du change du 25 mars 2014, modifiée notamment par le Règlement n° 002/2023 et le Règlement n° 001/2025.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
