La clôture de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, samedi 10 octobre 2026 à Kinshasa, a été marquée par un appel pressant de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à passer des paroles aux actes. « Tolobi pe mingi, sik’oyo tosala », a-t-elle lancé, signifiant qu’il est temps d’agir après tant de discours. Cette injonction résume l’enjeu central des quatre jours de travaux consacrés à la transformation des villes congolaises, avec un accent particulier sur la capitale.
Derrière la solennité de la cérémonie, c’est une question de crédibilité institutionnelle qui se pose. Les recommandations issues de ces assises – planification urbaine, sécurisation foncière, respect des normes de construction, mobilité et assainissement – ne sont pas nouvelles. Leur répétition d’année en année interroge sur la capacité des pouvoirs publics à les concrétiser. Pour les habitants de Kinshasa, confrontés quotidiennement aux embouteillages, aux inondations et à l’insalubrité, l’attente est immense.
Un impératif de mise en œuvre pour les villes congolaises
Les participants ont longuement débattu des moyens de moderniser les centres urbains. La planification urbaine a été identifiée comme un levier essentiel pour anticiper la croissance démographique et éviter un développement anarchique. La sécurisation foncière, autre priorité, vise à protéger les citoyens contre les conflits de propriété et à encourager les investissements dans le bâti. Le respect des normes de construction, souvent négligé, a été rappelé comme une condition de sécurité publique.
La mobilité et l’assainissement, deux défis majeurs pour Kinshasa, ont également occupé les débats. La capitale congolaise souffre d’un déficit criant d’infrastructures de transport et de gestion des déchets. Les recommandations formulées à ExpoBéton pourraient, si elles étaient appliquées, améliorer sensiblement le quotidien des Kinois. Mais l’écart entre les intentions et les réalisations reste le principal obstacle.
Valoriser les compétences nationales, un pari pour l’avenir
Un autre axe fort des discussions a porté sur la valorisation des compétences nationales et des métiers de la construction. L’objectif est de réduire la dépendance aux expertises étrangères et de créer des emplois locaux qualifiés. Cette orientation, si elle se traduit par des programmes de formation et des politiques d’embauche, pourrait avoir un impact social significatif. Elle répond aussi à une aspiration de souveraineté économique.
La Première ministre a reçu à cette occasion le prix « Ndona », une distinction qui souligne son parcours depuis sa nomination à la tête du gouvernement. La modératrice de la cérémonie, Euthanasie Kayembe, a rappelé qu’elle est la première femme à occuper ce poste en République démocratique du Congo. Ce symbole fort ne doit pas occulter l’ampleur des défis à relever.
De la reconnaissance à la responsabilité
La distinction honorifique décernée à Judith Suminwa Tuluka met en lumière une avancée historique pour la représentation des femmes dans les hautes sphères de l’État. Mais elle place aussi la cheffe du gouvernement face à une responsabilité accrue : celle de démontrer que cette reconnaissance se traduit par des résultats concrets pour la population. Les Congolais, lassés des promesses, attendent des actes.
La clôture d’ExpoBéton RDC laisse ainsi un goût d’inachevé. Les recommandations sont sur la table, les engagements ont été pris. Reste à savoir si les institutions sauront transformer cet élan en politiques publiques efficaces. La crédibilité du gouvernement en dépend, tout comme la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à améliorer leur cadre de vie.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
