La participation de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka au Global Women Leadership Forum de l’African Women Leaders Network (AWLN), samedi à New York, a mis en lumière une question qui dépasse la simple représentation : comment transformer la présence des femmes dans les instances de décision en un levier concret pour les populations, en particulier dans les régions affectées par les conflits. Intervenant en marge de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, la Cheffe du Gouvernement a défendu une conception du leadership féminin fondée sur l’accès effectif aux responsabilités, la préparation de la relève et la capacité à contribuer aux décisions publiques.
Un plaidoyer pour une gouvernance transformée
Devant un parterre de dirigeantes africaines et de responsables institutionnels, Judith Suminwa Tuluka a articulé son intervention autour de quatre exigences : rendre effective la participation des femmes, les associer pleinement à la paix et à la reconstruction, inscrire leur leadership dans la transformation économique et préparer la relève en donnant davantage de responsabilités aux jeunes femmes. Elle a insisté sur la nécessité d’associer les femmes et les jeunes aux processus de paix, à la reconstruction et à la transformation économique, particulièrement dans les régions affectées par les conflits. « Réinventer la gouvernance mondiale ne consiste pas seulement à modifier la composition des instances de décision. Il s’agit de transformer les conditions dans lesquelles les décisions sont prises, et les effets qu’elles produisent dans la vie des populations », a-t-elle déclaré.
La masculinité positive comme cadre institutionnel
La Première Ministre a également salué l’engagement du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la masculinité positive, rappelant que la RDC avait accueilli à Kinshasa, en novembre 2021, la première Conférence des hommes de l’Union africaine sur ce thème. Cette rencontre avait abouti à la Déclaration de Kinshasa et à un Appel à l’action, ultérieurement adoptés par l’Union africaine. Le Président Tshisekedi a ensuite été désigné Champion de l’Union africaine pour la promotion de la masculinité positive. Judith Suminwa a souligné que cette dynamique avait contribué à l’adoption, en 2025, de la Convention de l’Union africaine visant à mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles.
Des échanges stratégiques avec des pionnières
En marge du forum, Judith Suminwa Tuluka a échangé avec Ellen Johnson Sirleaf, ancienne Présidente du Liberia et marraine de l’AWLN, ainsi qu’avec Ameenah Gurib-Fakim, ancienne Présidente de Maurice. Avec Ellen Johnson Sirleaf, la Première Ministre a reçu des félicitations et des conseils portant notamment sur l’expérience des femmes à la tête des institutions africaines et l’importance de la solidarité entre dirigeantes. Ces échanges illustrent la volonté de capitaliser sur les parcours de femmes ayant déjà exercé le pouvoir exécutif pour renforcer la légitimité et l’efficacité du leadership féminin en RDC.
La présence de la Première Ministre à ce forum intervient alors que la RDC cherche à consolider les acquis institutionnels en matière de participation des femmes. Si les avancées sont réelles, la question de leur traduction en améliorations concrètes pour les citoyennes et citoyens, notamment dans les zones en proie à l’insécurité, reste entière. Le plaidoyer de Judith Suminwa Tuluka pour une gouvernance inclusive et une participation effective des femmes à la paix et à la reconstruction résonne comme un appel à transformer les engagements en politiques publiques mesurables.
A lire aussi : Judith Suminwa à New York : énergie, corridor de Lobito et Ebola ; À Kinshasa, la Fondation Stella Tuanisha prie pour la paix
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: primature.gouv.cd
