La situation des droits humains dans l’Est de la République démocratique du Congo reste préoccupante. Entre le 1er janvier et le 15 septembre 2026, le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC a recensé environ 4 400 violations dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, touchant près de 9 500 victimes. Ces chiffres ont été présentés vendredi 2 octobre 2026 à Genève, lors du dialogue interactif renforcé sur le rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme consacré à la RDC, dans le cadre de la 63e session du Conseil des droits de l’homme.
La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a détaillé la nature de ces violations. Elles comprennent des homicides illégaux, des restrictions aux libertés civiques et des violations du droit international humanitaire. Ces données montrent l’ampleur des atteintes aux droits fondamentaux dans une zone où les initiatives diplomatiques peinent à produire des résultats concrets.
Une moyenne de trois victimes de violences sexuelles par jour
Au-delà des violations générales, la fréquence des violences sexuelles liées aux conflits est particulièrement alarmante. Entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026, le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC a recensé au moins 1 080 victimes de violences sexuelles liées aux conflits dans tout le pays. Les principales victimes sont des femmes et des enfants. Cela représente près de trois victimes recensées par jour, et les chiffres réels sont probablement bien plus élevés, selon Awa Dabo.
Les groupes armés seraient responsables de 74 % des victimes recensées. Des femmes et des filles ont été attaquées alors qu’elles vaquaient à leurs occupations quotidiennes : chez elles, dans leurs champs, dans la brousse et le long des routes. Ces crimes doivent cesser, a insisté la Haut-Commissaire adjointe, qui a également souligné que les victimes ont besoin de soutien et de protection, et que les responsables doivent être tenus pour responsables.
Des actions judiciaires concrètes malgré le conflit
Malgré la persistance des violences, des avancées judiciaires ont été enregistrées. Avec l’appui du Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, les autorités judiciaires congolaises ont mené cinq missions d’enquête conjointes et tenu huit audiences mobiles sur des allégations de violences sexuelles liées au conflit. Ces actions ont abouti à la condamnation de 161 membres des forces armées congolaises et de 30 membres de groupes armés, entre autres. L’identité de 620 femmes victimes et témoins a été protégée durant les procès.
Pour Awa Dabo, il est possible d’établir les responsabilités, même en temps de guerre. Les autorités doivent s’appuyer sur ces mesures, et le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme est prêt à les aider. Ces condamnations montrent que la lutte contre l’impunité peut progresser, même dans un contexte de conflit armé.
Un contexte sécuritaire qui complique la protection des civils
La persistance des violations des droits humains intervient alors que la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, continue d’occuper et d’administrer de vastes pans de territoire dans l’Est de la RDC. Les processus diplomatiques de Washington, sous l’égide des États-Unis, et de Doha, sous l’égide du Qatar, avaient suscité de l’espoir quant au rétablissement de la paix. Mais plus d’une année après l’occupation des villes de Goma et de Bukavu, la réalité sur le terrain est loin de répondre aux attentes des populations.
Si des avancées sont généralement enregistrées sur le papier, elles peinent encore à se concrétiser sur le terrain. Cette situation préoccupe au plus haut point les partenaires du gouvernement congolais, qui ne cessent d’appeler les différentes parties à honorer leurs engagements. La protection des civils reste un défi majeur dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
