Le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a demandé vendredi 2 octobre 2026 à Genève que la Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu reçoive les moyens nécessaires pour achever sa mission, prévue en mars 2027. Cette requête, formulée lors du dialogue interactif de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, vise à surmonter les difficultés financières et logistiques qui freinent les investigations sur le terrain.
La Commission, créée par la résolution S-37, a déjà mené une première mission à Kinshasa. Son président, Arnauld Akodjenou, a indiqué que l’instabilité sécuritaire et sanitaire avait empêché l’accès à Goma, mais que l’intention restait de se rendre dans les zones touchées dès que les conditions le permettraient. Les contraintes budgétaires des Nations unies ont également pesé sur la mise en œuvre des activités.
Un appel à la mobilisation des ressources
Samuel Mbemba Kabuya a appelé les États, les agences onusiennes, les institutions financières internationales et les partenaires bilatéraux et multilatéraux à mobiliser les ressources financières, humanitaires, techniques et logistiques nécessaires. Il a plaidé pour que le Haut-Commissaire dote la Commission des moyens requis, en soulignant la détermination de son pays à renforcer l’État de droit.
« Mon pays est déterminé à poursuivre ses efforts de renforcement de l’État de droit. Je suis convaincu qu’une coopération fondée sur le renforcement des capacités nationales permettra de transformer les engagements de la résolution 60/35 en résultats concrets au bénéfice du peuple congolais », a-t-il déclaré. Il a aussi demandé au Haut-Commissaire de doter la Commission des moyens nécessaires pour mener à bien sa mission, qui doit s’achever en mars 2027.
Des violations documentées dans l’Est
Le ministre a rappelé que, selon le gouvernement congolais, la situation des droits humains continue de se dégrader dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda. Il a évoqué des viols, des tortures, des disparitions forcées, des déplacements forcés de populations et l’exploitation d’enfants à des fins économiques et militaires.
Il a cité les événements du 2 août 2026, jour de commémoration du Genocost, où les forces rwandaises auraient arrêté à Minova 37 jeunes qui manifestaient pour réclamer le retrait des troupes rwandaises, et où dix-sept jeunes filles auraient été victimes de violences sexuelles. Il a également mentionné un rapport d’Amnesty International du 21 septembre 2026 documentant des exécutions sommaires, des actes de torture, des détentions arbitraires, des travaux forcés, des recrutements forcés, des pillages et un trafic d’or et de coltan vers le Rwanda dans les zones minières de Rubaya et de Lemera.
Un mandat centré sur les victimes
La Commission d’enquête indépendante est chargée d’enquêter sur les faits, les circonstances et les causes profondes de toutes les violations présumées des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Son mandat porte notamment sur les violations touchant les femmes et les enfants, celles constituant des violences sexuelles ou sexistes, ainsi que celles commises contre les personnes déplacées ou réfugiées.
Elle doit aussi examiner les crimes internationaux potentiels dans le contexte de l’escalade des hostilités qui a débuté en janvier 2025 et se poursuit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de permettre à cette Commission de disposer des moyens nécessaires pour mener à bien ses investigations.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
