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RDC : ADF, plus de 1 500 victimes d’atteintes aux droits humains

Les attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de frapper durement les civils dans l’est de la République démocratique du Congo. Entre janvier et septembre 2026, ce groupe armé a été responsable de 319 violations des droits humains, touchant plus de 1 500 victimes, selon Awa Dabo, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme. Ces chiffres, présentés lors d’un dialogue interactif à Genève, rappellent que la violence ne se limite pas aux zones les plus médiatisées du conflit.

Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu restent les plus exposées. Les ADF y mènent des attaques meurtrières, des enlèvements et des violences sexuelles. La Haut-Commissaire adjointe a souligné que ces exactions se poursuivent malgré les efforts militaires. « Entre le 1er janvier et le 15 septembre 2026, notre Bureau a imputé 319 violations des droits humains aux ADF, touchant plus de 1 500 victimes », a-t-elle déclaré. Ce bilan illustre l’ampleur des souffrances infligées aux populations locales.

Une violence qui s’étend au-delà des zones habituelles

Les activités des ADF ne se cantonnent plus aux territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa. James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO, a alerté sur l’extension des attaques vers le Haut-Uélé. Cette province, située au nord-est du pays, n’entre pas dans la zone de responsabilité de la mission onusienne. « Les ADF continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et de recourir largement aux enlèvements, y compris jusque dans le Haut-Uélé », a-t-il expliqué lors d’un briefing au Conseil de sécurité.

Cette extension géographique complique la protection des civils. La MONUSCO, dont le mandat est limité à certaines zones, ne peut pas intervenir partout. Les populations du Haut-Uélé se retrouvent ainsi sans filet de sécurité face à un groupe armé affilié à l’État islamique. Les attaques ciblent notamment les sites miniers et les zones agricoles, perturbant les moyens de subsistance des habitants.

Des patrouilles conjointes pour tenter de protéger les civils

Face à cette menace, la MONUSCO et les Forces armées de la RDC (FARDC) ont renforcé leur coopération. Depuis le dernier exposé de James Swan, 3 115 patrouilles conjointes ont été effectuées. La composante Police de la mission a mené 1 139 patrouilles supplémentaires. Des bases opérationnelles mobiles ont été déployées dans les zones les plus exposées, notamment à Mambasa, où une base a été établie en juin.

Ces mesures visent à dissuader les attaques et à rassurer les populations. Cependant, les défis restent immenses. Les ADF opèrent dans des zones forestières difficiles d’accès, ce qui limite l’efficacité des patrouilles. De plus, l’état de siège en vigueur depuis mai 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri n’a pas réussi à endiguer la violence. Les opérations conjointes entre les armées congolaise et ougandaise (FARDC-UPDF) n’ont pas non plus permis de neutraliser complètement le groupe.

Un bilan humain qui interpelle la communauté internationale

Les chiffres présentés par Awa Dabo mettent en lumière une crise humanitaire persistante. Plus de 1 500 victimes en neuf mois, cela représente en moyenne plus de cinq personnes touchées par jour. Ces violations incluent des meurtres, des enlèvements et des violences sexuelles, des actes qui laissent des traumatismes profonds chez les survivants et leurs familles.

La situation dans l’est de la RDC reste donc préoccupante. Alors que l’attention internationale se concentre souvent sur d’autres conflits, les civils de l’Ituri, du Nord-Kivu et désormais du Haut-Uélé continuent de vivre sous la menace constante des ADF. Les appels à une action plus forte se multiplient, mais les moyens déployés jusqu’à présent semblent insuffisants pour protéger efficacement les populations.

A lire aussi : Nord-Kivu : MSF soigne plus de 33 000 malnutris depuis janvier ; Nord-Kivu : onze civils congolais libérés après arrestation en Ouganda

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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