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Beni : la surtaxe douanière fait flamber le prix du carburant

La ville de Beni, dans le Nord-Kivu, fait face à une brusque augmentation du prix du carburant. Cette situation résulte du blocage de plus de 300 camions-citernes au poste frontalier de Kasindi. La Fédération des entreprises du Congo (FEC) accuse l’Association congolaise des commissionnaires agréés en douane (ACCAD) d’exiger une surtaxe litigieuse avant de libérer les cargaisons. Ce différend perturbe l’approvisionnement local et pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisés par un contexte économique difficile.

Une surtaxe contestée de 50 dollars par mètre cube

Selon une correspondance adressée le 02 octobre 2026 au président local de la FEC, l’ACCAD conditionne le passage des produits pétroliers au paiement d’un montant supplémentaire de 50 dollars américains par mètre cube. Concrètement, cela représente un surcoût moyen de 2 000 dollars par camion-citerne. Les opérateurs économiques de la région contestent fermement ce prélèvement. Ils affirment que cette taxe conventionnelle a déjà été régularisée et directement intégrée dans le système douanier automatique SYDONIA par la Direction générale des douanes et accises (DGDA) depuis le mois de septembre 2026. Cette intégration devait normalement éviter toute double imposition, mais le blocage persiste, créant une confusion préjudiciable aux échanges.

Des répercussions immédiates sur les prix à la pompe

Cette paralysie aux frontières se répercute directement sur les stations-service de Beni. Le prix du litre d’essence est passé de 3 800 à 4 500 francs congolais en quelques jours. Cette hausse brutale entraîne une augmentation en chaîne des tarifs de transport public et des denrées de première nécessité. Les ménages voient leur budget quotidien se resserrer, alors que les coûts de déplacement et d’alimentation augmentent simultanément. Pour une population dont une grande partie dépend des transports en commun et des marchés locaux, chaque franc congolais supplémentaire compte. L’impact est d’autant plus sensible que la région ne dispose pas de sources alternatives d’approvisionnement à court terme.

Une attente de clarification et un appel à l’intervention

Contactée par Radio Okapi sur ces accusations, la direction de l’ACCAD a indiqué qu’elle rendrait publique sa position dans les prochaines heures. Face à la dégradation du climat socio-économique, la population et les acteurs économiques locaux exhortent l’exécutif provincial à intervenir en urgence auprès des régies financières. L’objectif est de débloquer les cargaisons et de stabiliser le marché. En attendant, l’incertitude demeure et les prix continuent de grimper, fragilisant davantage une région déjà éprouvée. La résolution de ce conflit douanier apparaît comme une condition essentielle pour éviter une aggravation de la crise et préserver la stabilité économique locale.

A lire aussi : Ève Bazaïba à Beni : avenir des déplacés internes au Nord-Kivu ; Nord-Kivu : MSF soigne plus de 33 000 malnutris depuis janvier

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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