La persistance des violences attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’Est de la République démocratique du Congo prend une dimension nouvelle. Selon James Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, ce groupe armé affilié à l’État islamique étend désormais ses attaques jusqu’à la province du Haut-Uélé, une zone située au-delà du périmètre d’intervention confié à la mission onusienne.
Une extension géographique qui dépasse le mandat de la MONUSCO
Lors d’un briefing trimestriel au Conseil de sécurité tenu le mardi 29 septembre, James Swan a alerté sur l’élargissement de la zone d’opérations des ADF. « Les ADF continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et de recourir largement aux enlèvements, y compris jusque dans le Haut-Uélé, au-delà de la zone de responsabilité accordée à la MONUSCO conformément à son mandat », a-t-il déclaré. Cette précision souligne une limite opérationnelle : la mission onusienne ne dispose pas de l’autorisation nécessaire pour intervenir dans cette province, ce qui laisse les populations locales sans la protection internationale prévue dans les zones couvertes.
Des foyers d’insécurité multiples dans l’Est
Le chef de la MONUSCO a rappelé que l’attention internationale reste largement concentrée sur le conflit impliquant l’AFC/M23, avec l’appui du Rwanda. Pourtant, d’autres foyers d’insécurité continuent de menacer les civils. En Ituri, la situation demeure fragile, particulièrement aux abords des sites de déplacés, le long des corridors économiques et dans les zones agricoles. Les ADF ont intensifié leurs activités dans le territoire de Mambasa ainsi que le long de la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu, notamment en ciblant des sites miniers. Ces attaques s’ajoutent aux exactions déjà documentées dans les territoires de Beni, Lubero et Irumu.
Des réponses sécuritaires aux résultats limités
Face à cette situation, la MONUSCO affirme avoir renforcé ses dispositifs de sécurité aux côtés des autorités congolaises dans les zones les plus exposées. Toutefois, l’état de siège en vigueur depuis mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, ainsi que les opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise menées dans le cadre de l’opération Shujaa, semblent produire des résultats limités sur le terrain. Si les dirigeants des deux pays ont toujours fait état de résultats encourageants, les organisations de la société civile et les élus locaux se montrent critiques à l’égard de ces dispositifs. L’extension des violences vers le Haut-Uélé, malgré ces mesures, illustre la difficulté à contenir un groupe armé dont la capacité de nuisance dépasse les frontières administratives et les mandats internationaux.
A lire aussi : Haut-Uele : le budget 2027 cible sécurité, santé et routes ; Le Conseil de sécurité exige le retrait militaire du Rwanda en RDC
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
