Deux ans après le naufrage du bateau Merveille de Dieu sur le lac Kivu, près de Goma, les enfants des victimes demandent que la lumière soit faite sur les circonstances du drame et que les responsabilités soient établies. Le 3 octobre 2024, l’embarcation qui assurait la liaison entre Minova et le marché central de Kituku s’est renversée sous l’effet de fortes vagues, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes et laissant plus d’une centaine de disparus, selon les chiffres avancés à l’époque par la société civile.
Réunis au sein de l’Association des enfants victimes du bateau Merveille de Dieu, plusieurs orphelins affirment vivre dans des conditions précaires depuis la perte de leurs parents. Dans un mémorandum adressé aux autorités congolaises, ils réclament l’établissement de la vérité, la poursuite des responsables présumés et la mise en place d’un mécanisme d’assistance en faveur des familles affectées.
Un mémorandum pour la vérité et la justice
Le coordinateur de l’association, John Mugishi Sekeli, a déclaré que la situation des enfants devenait de plus en plus préoccupante. « Les enfants laissés par leurs parents sont en train de mener une vie difficile. C’est ce que nous réclamons dans notre mémorandum : la vérité et la justice. Nous demandons que l’assistance aux familles soit assurée afin de garantir un avenir meilleur à ces enfants laissés. Nous interpellons la conscience de tous, en particulier celle du gouvernement congolais et des organisations humanitaires, pour qu’ils viennent en aide à ces enfants », a-t-il affirmé.
Selon lui, plus de 1 500 enfants seraient aujourd’hui privés d’école et confrontés à des conditions de vie précaires depuis la disparition de leurs parents. « En moyenne, nous avons plus de 1 500 enfants qui sont exclus de l’école et qui vivent dans de mauvaises conditions. Nous lançons un appel à toute personne de bonne volonté pour soutenir ces enfants qui souffrent actuellement », a-t-il ajouté.
Des zones d’ombre sur l’exploitation du bateau
L’association estime que plusieurs zones d’ombre persistent autour de l’exploitation du bateau avant le drame. Ses membres rappellent notamment que l’embarcation aurait été écartée à un moment donné du territoire d’Idjwi avant d’être transférée à Minova, une situation qui, selon eux, mérite des clarifications. « La justice doit se saisir de cette affaire et le gouvernement doit indemniser les victimes », soutient John Mugishi Sekeli.
Le coordonnateur conteste également certains chiffres officiels liés au nombre de victimes. D’après lui, les documents remis aux familles évoquent moins de 750 victimes, alors que les informations recueillies par l’association feraient état d’un bilan humain plus lourd.
Un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires
À l’occasion de cette commémoration, les enfants des victimes demandent aux autorités nationales, aux partenaires humanitaires et aux organisations de la société civile de renforcer leur soutien en faveur des familles touchées par la catastrophe. Deux ans après le naufrage du Merveille de Dieu, leur principale revendication reste inchangée : obtenir justice pour les disparus, établir les responsabilités et assurer un avenir digne aux nombreux enfants laissés derrière par cette tragédie qui demeure l’une des plus marquantes de l’histoire récente de la navigation sur le lac Kivu.
A lire aussi : Naufrage meurtrier sur le lac Kivu : au moins 12 morts ; Nord-Kivu : 29 combattants AFC/M23 se rendent aux FARDC et Wazalendo
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
