Face à la persistance de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, la surveillance ne se limite pas aux postes frontaliers officiels. Les déplacements quotidiens des populations, qu’ils soient motivés par le commerce, le travail ou la fuite de l’insécurité, empruntent souvent des itinéraires informels qui échappent aux contrôles classiques. Pour anticiper une éventuelle propagation, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a documenté, dans un rapport couvrant la période du 14 au 20 septembre, les efforts déployés pour cartographier ces passages et renforcer la préparation des pays voisins.
Cartographier les déplacements réels pour cibler la surveillance
La première étape consiste à identifier les trajets réellement utilisés par les populations. En Centrafrique, au nord de la RDC, 42 représentants des autorités et des communautés ont participé à une cartographie des déplacements dans la région du Mbomou. L’objectif est de repérer les routes et les lieux prioritaires où installer une surveillance sanitaire adaptée. Cette démarche permet de ne pas concentrer les efforts uniquement sur les points de passage officiels, souvent contournés par les voyageurs.
À l’est, en Ouganda, douze points d’observation des mouvements de population ont été mis en place, dont sept le long de la frontière congolaise. Ces points complètent les contrôles sanitaires déjà effectués sur les voyageurs. Ils offrent une vision plus fine des flux transfrontaliers, y compris ceux qui empruntent des chemins secondaires.
Coordonner les équipes des deux côtés de la frontière
La surveillance ne peut être efficace sans une coordination étroite entre les pays concernés. Trois réunions entre l’Ouganda et la RDC ont abouti à des plans d’action encore en cours de finalisation. Ces plans portent notamment sur le partage des informations et la surveillance sanitaire. L’enjeu est de garantir que les alertes détectées d’un côté de la frontière soient rapidement transmises et prises en compte de l’autre côté.
Cette coopération transfrontalière est essentielle car les communautés vivant près des frontières partagent souvent des liens familiaux, économiques et sociaux qui favorisent des déplacements fréquents. Une réponse sanitaire isolée serait insuffisante face à des mouvements qui ignorent les limites administratives.
Les voies fluviales, un maillon souvent négligé
Les fleuves et rivières constituent des axes de circulation majeurs en Afrique centrale, mais ils sont parfois moins surveillés que les routes terrestres. À Kisangani, en RDC, des équipes ont évalué des ports et des points de contrôle dans le cadre de l’initiative « Fleuve Congo sans Ebola ». L’objectif est de connaître les déplacements fluviaux pour cibler la surveillance sanitaire sur ces itinéraires.
Le fleuve Congo et ses affluents relient de nombreuses localités, y compris des zones touchées par l’épidémie. Les embarcations qui transportent passagers et marchandises peuvent également transporter le virus si des mesures de prévention ne sont pas appliquées. L’évaluation menée à Kisangani vise à identifier les points où des contrôles sanitaires pourraient être renforcés.
Une préparation qui ne signifie pas la présence de cas
Ces préparatifs visent à limiter le risque de propagation de l’épidémie au-delà des frontières de la RDC. Ils ne constituent pas l’annonce de cas confirmés dans les pays voisins. La distinction est importante pour éviter toute confusion : il s’agit de mesures de préparation et de prévention, mises en place avant même qu’une éventuelle contamination ne soit détectée.
En renforçant la surveillance des passages informels et des voies fluviales, les autorités sanitaires et leurs partenaires cherchent à détecter rapidement toute alerte et à organiser une intervention efficace. Cette approche, fondée sur la connaissance des déplacements réels, est un complément indispensable aux contrôles sanitaires classiques.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
