Le couloir gauche des Léopards n’a jamais été un simple poste. Il raconte une histoire de constance, de talents affirmés et de relèves parfois brutales. De Hérita Ilunga à Jordy Makengo, la RDC a toujours trouvé un profil fiable pour occuper ce rôle exigeant. Cette stabilité tranche avec les secousses qui agitent souvent les sélections africaines. Elle s’explique par une succession de joueurs aux profils différents, mais tous capables de répondre aux attentes d’un pays passionné de football.
Hérita Ilunga, le socle d’une exigence durable
L’ancien capitaine des Léopards a posé les fondations au début du 21e siècle. Entre 2004 et 2011, Hérita Ilunga a porté le maillot national avec une régularité qui a marqué les esprits. Son passage à West Ham United a renforcé son statut de référence. Il a imposé une exigence maximale au poste de latéral gauche, une marque qui allait guider les générations suivantes. Les plus jeunes supporters ne le connaissent peut-être pas, mais son apport reste gravé dans la légende du football congolais. Il a joué chaque match comme si c’était le dernier, selon les témoignages de l’époque.
Kasusula et Ebunga Nsimbi, la bataille pour la succession
Après le retrait d’Ilunga, deux profils se sont disputé la place. Jean Kasusula, formé au TP Mazembe, a pris l’avantage sur Padou Ebunga Nsimbi. Le premier a enchaîné les sélections entre 2011 et 2015, devenant un pilier sous Florent Ibenge. Son palmarès continental, avec trois Ligues des champions de la CAF, a consolidé sa légitimité. Il a également participé à la finale de la Coupe du monde des clubs en 2010 face à l’Inter Milan. Ebunga, lui, n’a disputé que quelques matchs avant de s’effacer, victime de ses choix de carrière. Kasusula a relevé le défi d’être le successeur non désigné de l’ancien capitaine, avec une trentaine de sélections à la clé.
Lomalisa et Ngonda, des éclats sans continuité
Joyce Lomalisa a incarné un espoir rapide. Révélé au CHAN 2016, il a été titulaire à la CAN 2017. Mais une erreur face au Ghana en quart de finale, avec un penalty concédé, a précipité sa chute. Ce match a sonné la fin brutale de sa carrière internationale et le début de ses difficultés en club. Glody Ngonda a ensuite pris le relais, résistant un temps à la concurrence d’Arthur Masuaku. L’arrivée de Christian Nsengi sur le banc a toutefois rebattu les cartes, reléguant Ngonda au second plan. La RDC a tenté de prolonger la tradition sans parvenir à installer une continuité comparable à celle de Kasusula.
Masuaku et Kayembe, une nouvelle dimension
Depuis 2019, Arthur Masuaku est indéboulonnable. Son apport offensif a transformé le poste. Passeur décisif contre le Portugal lors des qualifications pour la Coupe du monde 2026, il ne se contente pas de défendre. Il rentre dans le jeu, fait progresser l’équipe, casse des lignes et participe à la création. Joris Kayembe, arrivé en 2023, offre une alternative solide avec son expérience à Genk. Son profil de joueur de couloir lui permet d’apporter de la profondeur et de l’activité, aussi bien comme latéral que dans une position plus avancée. Les deux joueurs apportent une capacité de construction inédite, avec des profils davantage tournés vers l’offensive.
Jordy Makengo, la relève déjà en marche
Alors que Masuaku approche du crépuscule international, Jordy Makengo se profile. Le latéral de Fribourg a fait ses débuts contre l’Ouganda en octobre dernier. Son profil offensif et créatif pourrait assurer la continuité. Le poste de latéral gauche chez les Léopards semble ainsi béni, avec une succession de talents qui rassure pour l’avenir. De Hérita Ilunga à Jordy Makengo, ce poste n’a jamais manqué d’occupant fiable. À chaque génération, les sélectionneurs ont toujours trouvé un profil qui assure et rassure. Et c’est parti pour durer.
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Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
