La République démocratique du Congo (RDC) dispose d’un sous-sol parmi les plus riches du continent, mais sa capacité à transformer ces ressources en développement reste l’une des plus faibles au monde. Selon l’Indice des capacités productives 2024 publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le pays se classe 190e sur 195 économies, avec un score de 22,6 points. Ce résultat place la RDC juste devant le Yémen, le Tchad, la République centrafricaine, le Niger et la Somalie.
Cet indice ne mesure pas la valeur des ressources naturelles, mais la capacité d’un pays à les utiliser pour produire et se développer. Il repose sur 43 indicateurs répartis en huit composantes : capital naturel, capital humain, énergie, technologies de l’information, institutions, secteur privé, transformation structurelle et transport. Pour la RDC, les résultats révèlent un fort déséquilibre entre les atouts naturels et les infrastructures de base.
Un capital naturel cinq fois supérieur au transport
Le pays obtient 43,7 points pour son capital naturel, mais seulement 8,7 points pour le transport, son résultat le plus faible. Autrement dit, la richesse du sous-sol et des forêts ne se traduit pas par des routes, des voies ferrées ou des ports capables de soutenir l’activité économique. L’énergie constitue une autre faiblesse majeure, avec 15,4 points, suivie des institutions (19,7 points) et du capital humain (20,8 points).
À l’inverse, la transformation structurelle obtient le meilleur score du pays, avec 44 points, juste devant le capital naturel. Cette composante mesure la capacité de l’économie à évoluer vers des activités plus productives. Mais ce résultat ne suffit pas à compenser les lacunes dans les infrastructures et les services de base.
Une amélioration fragile entre 2021 et 2024
Le score congolais a progressé entre 2021 et 2023, passant de 19,8 à 22,7 points, avant de reculer légèrement à 22,6 points en 2024. Cette évolution montre que les progrès restent lents et fragiles. Le rapport de la Cnuced souligne par ailleurs que la disponibilité limitée des données demeure un défi, particulièrement dans les pays les moins avancés. Certaines valeurs manquantes sont donc estimées par des méthodes statistiques.
L’organisation recommande de considérer cet indice comme un outil de diagnostic permettant de repérer les principaux obstacles à la transformation économique. Pour la RDC, les résultats indiquent clairement que le transport et l’énergie sont des priorités à traiter pour améliorer la capacité productive du pays.
Des implications concrètes pour les ménages et les entreprises
Un faible score en transport signifie des coûts plus élevés pour acheminer les marchandises, des délais plus longs et un accès réduit aux marchés pour les producteurs locaux. De même, un accès limité à l’énergie freine les activités industrielles et pèse sur le quotidien des ménages. Ces contraintes expliquent en partie pourquoi la RDC peine à transformer ses ressources naturelles en croissance inclusive.
Le rapport ne mesure pas directement la responsabilité de chaque faiblesse dans le classement général et n’établit pas de relation de causalité entre elles. Mais il fournit une photographie utile pour orienter les politiques publiques. En identifiant les domaines où les scores sont les plus bas, les décideurs peuvent prioriser les investissements dans les infrastructures et les services essentiels.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
