La zone de santé d’Ankoro, dans le territoire de Manono au Tanganyika, fait face à une recrudescence du choléra. Depuis la 37e semaine épidémiologique, plus de 200 cas ont été notifiés, dont cinq décès. Cette situation met en lumière les difficultés d’accès à l’eau potable dans cette partie de la province, où les coupures de la REGIDESO poussent les habitants à consommer l’eau du fleuve Congo sans traitement.
Une épidémie liée au manque d’eau potable
Le médecin-chef de la zone de santé d’Ankoro, Michel Tchinish Koj, explique que la flambée épidémique est principalement due à l’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable. Les interruptions récurrentes de la REGIDESO contraignent de nombreuses familles à utiliser l’eau du fleuve pour leurs besoins domestiques et la consommation. « Nous avons pratiquement huit aires de santé situées au bord du fleuve Congo. La disponibilité en eau potable est très limitée dans la zone de santé. À certains moments, la REGIDESO n’approvisionne plus la cité d’Ankoro en eau. En l’absence de cette desserte, la population se tourne vers l’eau du fleuve pour les besoins domestiques et la consommation », détaille-t-il.
Cette dépendance à l’eau de surface non traitée est un facteur de risque majeur pour la transmission du choléra. La bactérie responsable de la maladie se propage principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales. Dans un contexte où l’accès à l’eau potable est limité, les populations sont davantage exposées, surtout dans les zones riveraines du fleuve où les activités quotidiennes se déroulent à proximité de l’eau.
Des mesures de prévention et de prise en charge
Face à cette situation, les équipes sanitaires intensifient les campagnes de sensibilisation pour encourager les habitants à faire bouillir ou à traiter l’eau avant de la consommer. Toutefois, le médecin-chef de zone signale que les quantités de chlore disponibles pour la purification de l’eau restent insuffisantes au regard des besoins. Les autorités sanitaires recommandent également le respect strict des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains avec du savon ou de la cendre, la consommation d’aliments bien conservés et correctement cuits, ainsi que le recours rapide aux structures de santé en cas de diarrhée ou de vomissements.
La sensibilisation est essentielle car le choléra peut se propager rapidement dans les communautés où les conditions d’hygiène et d’assainissement sont précaires. Les messages diffusés visent à rappeler les gestes simples qui permettent de réduire les risques de contamination, comme le traitement de l’eau à domicile ou l’utilisation de latrines. Cependant, sans un approvisionnement régulier en eau potable et en produits de traitement, ces recommandations restent difficiles à appliquer pour de nombreux ménages.
Une prise en charge gratuite mais des défis logistiques
Malgré les défis logistiques, la prise en charge des malades se poursuit normalement dans les établissements sanitaires de la zone. « Tout cas de vomissement ou de diarrhée doit être référé sans délai vers un centre de santé pour une prise en charge appropriée. La prise en charge est gratuite dans nos structures de soins », rassure Michel Tchinish Koj. Les autorités sanitaires locales appellent à un renforcement de l’approvisionnement en eau potable et des moyens de prévention afin d’endiguer la propagation de l’épidémie dans cette partie de la province du Tanganyika.
La gratuité des soins est un élément important pour encourager les malades à se rendre rapidement dans les centres de santé. En cas de choléra, une prise en charge précoce permet de réduire considérablement le risque de décès, notamment grâce à la réhydratation. Toutefois, l’efficacité de cette réponse dépend aussi de la capacité des structures sanitaires à disposer des intrants nécessaires et à maintenir un personnel formé, ce qui reste un défi dans les zones éloignées comme Ankoro.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
