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Le Burundi conditionne son appui au dialogue national en RDC

Le Burundi a exprimé, mardi 29 septembre 2026, son appui à l’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo. Lors d’un briefing trimestriel du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à la situation en RDC, le représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga, a insisté sur la nécessité d’un processus inclusif, crédible et transparent, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.

Cette position, exprimée sous la présidence française du Conseil, replace le dialogue national congolais dans un cadre régional plus large. Pour Bujumbura, la stabilité de la RDC ne peut être obtenue sans une participation effective de toutes les composantes de la société, en particulier les femmes et les jeunes. Le diplomate burundais a également souligné que le processus de paix devait conduire au retrait de toute force étrangère présente illégalement sur le territoire congolais.

Un dialogue national sous conditions d’inclusivité et de transparence

Dans son intervention, l’ambassadeur Zéphyrin Maniratanga a salué les efforts visant à organiser un dialogue national en RDC. Il a toutefois posé des conditions claires : « Pour contribuer durablement à la paix, ce dialogue doit être inclusif, crédible et transparent et permettre une participation réelle des femmes et des jeunes », a-t-il déclaré. Cette exigence d’inclusivité fait écho aux préoccupations exprimées par une partie de l’opposition congolaise, qui réclame davantage de garanties quant au caractère consensuel du processus.

Le représentant burundais a également lié la réussite du dialogue au respect des principes fondamentaux de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC. Il a insisté sur la nécessité d’un retrait des forces étrangères présentes illégalement, une condition jugée essentielle pour restaurer la confiance et créer un environnement propice aux discussions.

Un suivi rigoureux des engagements de paix

Au-delà de la tenue du dialogue, Bujumbura plaide pour un mécanisme de suivi crédible et transparent des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix. L’ambassadeur burundais a appelé à associer les acteurs régionaux et internationaux concernés, en s’appuyant sur les mécanismes de vérification existants. Cette proposition vise à éviter que les accords ne restent lettre morte et à garantir une mise en œuvre effective des décisions.

Le Burundi souhaite également que les prochains rapports du secrétaire général des Nations unies rendent compte de manière précise et équilibrée de la contribution des acteurs régionaux aux efforts de paix, de médiation, de vérification du cessez-le-feu et de protection des civils. Cette demande reflète une volonté de transparence et de responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans la résolution de la crise dans l’Est de la RDC.

Le renouvellement du mandat de la MONUSCO en ligne de mire

À l’approche du renouvellement du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), le Burundi a exhorté le Conseil de sécurité à veiller à ce que la mission dispose des capacités nécessaires pour accomplir ses tâches. Le diplomate burundais a cité la protection des civils, l’appui à la vérification du cessez-le-feu et la contribution aux efforts de désarmement et de stabilisation comme priorités.

Cette position intervient alors que le dialogue national congolais, annoncé officiellement en août 2026 comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », doit traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays sur une période maximale de trois mois. Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique, une partie de l’opposition contestant les modalités du processus et réclamant davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel.

Une coordination régionale pour prévenir les cycles de violence

Dans son discours, le représentant permanent du Burundi a appelé le Conseil de sécurité à accorder la priorité à l’application de ses propres décisions, plutôt qu’à multiplier les nouvelles résolutions sans garantir la mise en œuvre des précédentes. Pour Bujumbura, la prévention passe notamment par une coordination accrue entre les Nations unies, l’Union africaine, les mécanismes régionaux et les États de la région des Grands Lacs.

« Notre objectif commun doit être de prévenir les prochains cycles de violence et non d’avoir à en constater les conséquences dans une nouvelle résolution », a souligné le diplomate burundais. Cette déclaration met en lumière l’importance d’une approche préventive et coordonnée pour transformer les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain.

A lire aussi : Tshisekedi signe l'ordonnance créant le Comité du Dialogue national ; Sécurité, dialogue national et finances publiques : les enjeux du 20 septembre 2026

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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