À Kinshasa, l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour de nombreux ménages. Face aux difficultés d’approvisionnement en eau distribuée par la REGIDESO, les forages se sont multipliés dans plusieurs quartiers de la capitale. Ces installations, devenues indispensables pour des milliers de familles, soulèvent toutefois des questions sanitaires et environnementales. La qualité de l’eau puisée dans les nappes souterraines de Kinshasa dépend en grande partie des conditions techniques de réalisation des forages.
Un recours massif aux forages face aux carences de la REGIDESO
Dans de nombreuses communes de Kinshasa, les habitants se rendent chaque jour aux points de forage, bidons à la main, pour s’approvisionner en eau. Cette pratique s’est imposée comme une alternative à un réseau de distribution public souvent défaillant. Si elle répond à un besoin réel, elle s’accompagne d’une prolifération d’ouvrages réalisés sans étude préalable ni contrôle technique. Cette situation inquiète les spécialistes, qui pointent des risques pour la durabilité des ressources en eau et pour la santé des consommateurs.
Des installations sans contrôle technique, un danger pour les nappes
L’ingénieur Tychick Anasema, responsable de Smart Industrie Technologie et expert en travaux de forage, met en garde contre les conséquences de cette multiplication non encadrée. « La multiplication des forages, lorsqu’elle est réalisée sans étude préalable ni contrôle technique, présente des risques pour l’environnement et pour la qualité des nappes souterraines », explique-t-il. L’absence de normes peut entraîner une contamination des eaux souterraines, avec des répercussions directes sur la qualité de l’eau consommée par les ménages.
La réglementation, un impératif pour protéger la santé publique
Pour l’ingénieur Steve Banza Emmanuel, spécialiste des questions environnementales, l’intervention de l’État est nécessaire pour encadrer la réalisation des forages par les particuliers. « L’État doit mettre en place une réglementation stricte afin de garantir des forages durables et une eau de bonne qualité pour la population », affirme-t-il. Une telle réglementation permettrait de fixer des exigences techniques et de prévenir les risques liés à une mauvaise protection des installations.
Des risques sanitaires concrets pour les consommateurs
Les professionnels de la santé alertent sur les dangers d’une eau contaminée. Jean Bosco Gingambi Gizenga, médecin traitant au centre de santé de Maluku 1, décrit les pathologies auxquelles s’exposent les usagers. « Parmi les conséquences, les consommateurs sont exposés aux microbes, à la diarrhée, à la fièvre typhoïde ainsi qu’aux parasitoses intestinales », précise-t-il. Ces maladies, souvent liées à une eau insalubre, peuvent avoir des effets graves, en particulier chez les enfants et les personnes vulnérables.
Face à l’ampleur du phénomène, les experts appellent à un encadrement rigoureux des forages à Kinshasa. Des mesures de contrôle, de suivi technique et de réglementation sont jugées indispensables pour éviter que cette solution d’approvisionnement ne devienne une menace pour la santé publique et l’environnement. La qualité de l’eau des nappes souterraines de Kinshasa dépendra de la capacité des autorités à faire respecter des normes minimales de réalisation et d’entretien des ouvrages.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
