Le jeudi 1er octobre 2026, à Bujumbura, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a remis un message spécial du président Félix Tshisekedi à son homologue burundais Évariste Ndayishimiye. Reçu en qualité d’Envoyé spécial du chef de l’État congolais, il était accompagné du Haut représentant Sumbu Sita Mambu. Au cœur des échanges : le processus de paix dans l’Est de la RDC et, plus précisément, la reddition volontaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cette démarche s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. Avant Bujumbura, Floribert Anzuluni avait déjà été reçu par les présidents angolais João Lourenço et congolais Denis Sassou Nguesso. La multiplication de ces rencontres au sommet révèle une volonté de consolider les appuis régionaux autour d’un dossier sécuritaire qui conditionne la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
Un protocole de désarmement au centre des discussions
Les échanges ont porté sur les avancées du « Protocole de désarmement, démobilisation et de cantonnement des FDLR par la sensibilisation ». Floribert Anzuluni a présenté les actions déjà réalisées depuis l’officialisation de ce protocole, ainsi que les prochaines étapes de sa mise en œuvre. Ce mécanisme vise à offrir une issue pacifique aux combattants FDLR, un groupe armé dont la présence dans l’Est de la RDC alimente depuis des années les tensions avec le Rwanda voisin.
La délégation congolaise a sollicité l’accompagnement d’Évariste Ndayishimiye pour la poursuite du processus. Le président burundais occupe actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine, une position qui lui confère une influence diplomatique certaine. Il est également un partenaire de la RDC dans les efforts de paix régionaux, ce qui renforce la portée de cette requête.
Le rôle de l’Union africaine en question
En s’adressant au président en exercice de l’Union africaine, Kinshasa cherche à inscrire le processus FDLR dans un cadre continental. L’implication de l’organisation panafricaine pourrait faciliter la mobilisation de ressources et de garanties nécessaires à la réussite du désarmement. Pour les populations de l’Est de la RDC, l’enjeu est direct : la démobilisation effective des FDLR réduirait une source majeure d’insécurité et de déplacements forcés.
La démarche congolaise témoigne d’une approche pragmatique. En multipliant les canaux diplomatiques, le gouvernement cherche à créer un consensus régional autour d’un processus sensible. La reddition volontaire des FDLR ne peut aboutir sans la coopération des pays voisins, notamment ceux qui abritent des membres de la diaspora ou qui ont historiquement été impliqués dans les dynamiques du conflit.
Quelles retombées pour les citoyens de l’Est ?
Si le protocole aboutit, les conséquences pourraient être significatives pour les habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La fin des activités armées des FDLR ouvrirait la voie à un retour progressif de l’autorité de l’État dans des zones longtemps disputées. Elle faciliterait aussi la reprise des activités agricoles et commerciales, essentielles à la survie de nombreuses familles.
Reste à savoir si les engagements pris lors de ces rencontres se traduiront par des actes concrets. La diplomatie de haut niveau ne suffit pas à elle seule à garantir le désarmement. Il faudra un suivi rigoureux, des moyens adaptés et une volonté politique constante. Pour l’heure, la RDC a choisi de miser sur la médiation et la coopération régionale, une option qui mérite d’être observée avec attention.
A lire aussi : La RDC sollicite Bruxelles pour les infrastructures des 26 provinces ; RDC : Anzuluni affiche les avancées, les citoyens attendent des actes
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
