À Kikwit, dans la province du Kwilu, les sages-femmes ont décidé de porter leurs revendications au grand jour. Réunies au sein du Syndicat national des sages-femmes du Congo (SYNASAFCO), elles ont adressé un mémorandum au gouvernement central ainsi qu’aux autorités provinciales et locales. Leur objectif : obtenir une amélioration de leurs conditions socio-professionnelles, qu’elles jugent insuffisantes au regard de leur rôle dans le système de santé.
Ce mouvement met en lumière une tension persistante entre les responsabilités confiées à ces professionnelles et la reconnaissance institutionnelle qui leur est accordée. Les sages-femmes de Kikwit dénoncent des difficultés liées à la rémunération, aux primes, à la mécanisation, à l’admission sous statut, à l’attribution des matricules et à l’avancement en grades. Autant de blocages qui, selon elles, fragilisent leur exercice quotidien et, par ricochet, la qualité des soins offerts aux populations.
Des revendications précises pour sortir de la précarité
Le mémorandum du SYNASAFCO Kwilu énumère une série de demandes concrètes. Il s’agit notamment du déblocage des alignements à la prime de risque, de l’application des engagements de Bibwa sur les allocations de transport et de logement, de la mécanisation en salaire des sages-femmes concernées et de l’admission sous statut des nouvelles unités. Ces mesures visent à corriger des situations administratives et financières jugées injustes.
Les sages-femmes réclament également l’affectation des jeunes diplômées actuellement au chômage, une meilleure organisation de la prime liée à la gratuité de la maternité, l’application de la prime de brousse ainsi que la création d’un cadre national permanent de dialogue et de suivi des questions liées à leur profession. Cette dernière revendication traduit une volonté de ne plus dépendre de décisions ponctuelles, mais d’instaurer un espace de concertation durable.
Un maillon essentiel de la santé maternelle et néonatale
Ces revendications interviennent alors que les sages-femmes assurent des missions fondamentales : suivi des grossesses, accouchements, soins postnatals et néonatals, prévention et orientation des urgences obstétricales et néonatales. Leur présence sur le terrain est souvent le premier recours pour les femmes enceintes et les nouveau-nés, en particulier dans les zones où l’accès aux structures de santé reste limité.
La question de la prime liée à la gratuité de la maternité est emblématique. Si cette politique vise à réduire les barrières financières pour les patientes, elle ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail des soignantes. Une meilleure organisation de cette prime est donc perçue comme un levier pour maintenir la motivation et la présence des sages-femmes dans les maternités.
Un dialogue attendu par les autorités
En adressant ce mémorandum à plusieurs niveaux de pouvoir, le SYNASAFCO Kwilu cherche à créer un rapport de force institutionnel. Le gouvernement central, les autorités provinciales et locales sont ainsi interpellés sur leur responsabilité partagée dans la gestion des ressources humaines en santé. La création d’un cadre national permanent de dialogue apparaît comme une demande structurante, susceptible de dépasser le cas de Kikwit pour concerner l’ensemble du pays.
Reste à savoir si ces revendications trouveront un écho rapide. La situation des sages-femmes de Kikwit illustre un défi plus large : celui de la reconnaissance des métiers du soin, souvent exercés dans des conditions difficiles, mais indispensables à la santé publique. Le suivi de ce dossier permettra de mesurer la capacité des autorités à répondre aux attentes d’une profession en première ligne.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
