La course au Ballon d’Or 2026 a pris une tournure inédite. À moins d’un mois de la cérémonie prévue le 26 octobre à Londres, les prétendants ne se contentent plus de briller sur le terrain. Ils montent au front médiatique, armes de déclarations tranchantes et de stratégies de communication affûtées. Kylian Mbappé a lancé les hostilités en affirmant : « Il n’y a pas meilleur que moi la saison dernière », se disant « toujours vu comme l’élu ». Une sortie qui a immédiatement fait réagir Ousmane Dembélé, tenant du titre : « Je n’ai jamais été l’élu, mais j’ai bossé. »
Cette bataille de mots illustre un changement profond dans la manière de conquérir le trophée individuel le plus prestigieux du football. Pascal Ferré, ancien directeur de la rédaction de France Football, organisateur du prix, parle d’une campagne « assez inédite par son bruit médiatique ». Selon lui, les joueurs eux-mêmes plaident désormais leur cause, alors qu’auparavant le lobbying restait plus institutionnel, porté par les clubs et les entourages.
Les joueurs entrent dans l’arène médiatique
Le phénomène est nouveau. Bruno Bianzina, directeur de l’agence Sport Market, observe que « le vrai tournant est que les joueurs rentrent dans la bataille ». Avant, la campagne était plus feutrée. Aujourd’hui, elle est offensive, avec la volonté d’imposer un récit personnel. Lamine Yamal, champion du monde avec l’Espagne, a ainsi redéfini les critères à sa manière : le Ballon d’Or récompense « un joueur différent », qui « n’a rien à voir avec le nombre de buts qu’il marque ».
Cette stratégie de communication est minutieusement orchestrée. L’entourage de Mbappé a organisé une interview à Radio France Internationale pour toucher le public africain, selon le journaliste Olivier Pron. Certains sujets sensibles ont été écartés : la politique française, la crise de gouvernance à la Fifa ou la question de Ceuta. Preuve que chaque prise de parole est calculée pour maximiser l’impact sur les votants.
Des critères officiels au cœur du débat
Les règles du jeu sont pourtant claires. Les performances individuelles priment sur les résultats collectifs. Cela avantage Mbappé, meilleur buteur du Mondial 2026, ou Harry Kane, auteur de 61 buts en 51 matchs avec le Bayern Munich. Mais aucun des deux n’a remporté la Coupe du monde, contrairement à Lamine Yamal et Rodri, sacrés avec la Roja. Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, eux, ont soulevé la Ligue des champions avec le Paris SG pour la deuxième fois consécutive.
Face à cette concurrence, chaque candidat tire les critères vers son propre profil. Mbappé met en avant ses statistiques, Yamal son impact collectif, Dembélé sa régularité au plus haut niveau. Une cacophonie qui contraste avec la campagne plus sereine du Ballon d’Or féminin, où Alexia Putellas a simplement déclaré que « le football parlait pour elle ».
Les clubs en coulisses, le collectif en vitrine
Derrière les individualités, les clubs jouent un rôle clé. Le Paris SG, avec dix joueurs présélectionnés sur trente, affirme axer sa campagne sur le collectif. Le club met en scène des interviews croisées entre Dembélé et Kvaratskhelia, tout en offrant une visibilité à Fabian Ruiz. Une manière de renforcer la « mythologie du club », comme le souligne Bruno Bianzina.
Pascal Ferré rappelle que le Ballon d’Or reste « une vitrine internationale sans commune mesure », diffusé dans 180 pays. Mais il prévient : « Le Ballon d’Or, ce n’est pas un concours de vacarme médiatique. » Les votes sont clos depuis le 28 septembre. Reste à savoir si les plaidoiries des uns et des autres auront pesé dans la balance, ou si le terrain aura le dernier mot.
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Article Ecrit par Miché Mikito
Source: mediacongo.net
