La crise sécuritaire dans l’est de la RDC a opposé, mercredi, la République démocratique du Congo et le Rwanda devant l’Assemblée générale des Nations Unies. La Première ministre congolaise a dénoncé l’agression rwandaise, tandis que le Premier ministre rwandais Justin Nsengiyumva a accusé Kinshasa de soutenir les FDLR et de violer les conventions internationales contre les mercenaires.
Des accusations croisées sur les FDLR et les mercenaires
Justin Nsengiyumva a affirmé que les FDLR propagent une idéologie génocidaire, commettent des exactions dans l’est de la RDC et menacent la sécurité du Rwanda par des attaques transfrontalières. Il a condamné leur coopération avec des troupes burundaises et des milices soutenues par la RDC. Le Rwanda estime que la crise exige une solution politique s’attaquant aux causes profondes, notamment les griefs anciens, l’exclusion et les défaillances de gouvernance.
Le Premier ministre rwandais a souligné que les FDLR opèrent désormais aux côtés des troupes burundaises et de milices et mercenaires soutenus par la RDC. Selon lui, la crise sécuritaire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, qui ne s’est pas produite du jour au lendemain, exige une solution politique, en s’attaquant à ses causes profondes et répondant aux préoccupations légitimes de toutes les parties, y compris l’AFC-M23. « Les racines du conflit dans l’est de la RDC sont politiques, et elles résident dans des griefs anciens, l’exclusion et les défaillances de la gouvernance », a-t-il indiqué, assurant que le Rwanda soutient pleinement les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à une telle solution.
Le Rwanda salue les processus diplomatiques en cours
Kigali a salué les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC, ainsi que le processus de Doha entre la RDC et l’AFC-M23. Justin Nsengiyumva a exprimé sa gratitude pour les efforts du président Donald Trump, de l’émir du Qatar et du médiateur de l’Union africaine. Il a appelé le Conseil de sécurité à soutenir équitablement ces efforts de paix et à encourager toutes les parties à honorer leurs engagements.
Malgré la poursuite des combats sur le terrain, Kigali a salué les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC, ainsi que le processus de Doha entre la RDC et l’AFC/M23, comme autant d’avancées positives. « Nous sommes reconnaissants des efforts inlassables déployés par le président Donald Trump, son altesse l’Émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, et le médiateur de l’Union africaine, le président Faure Gnassingbé du Togo, pour faire progresser ces processus. Et nous restons attachés à une région où tous les pays peuvent coexister pacifiquement, commercer et se développer ensemble », a souligné Justin Nsengiyumva, qui a appelé tous les acteurs, y compris le Conseil de sécurité, à soutenir équitablement ces mêmes efforts de paix et à encourager toutes les parties à honorer leurs engagements.
Un appel à la réforme des institutions onusiennes
Le Premier ministre rwandais a souligné que la crise en RDC illustre la nécessité pour l’ONU de prouver sa capacité d’adaptation. Il a exhorté les États membres à y remédier, rappelant que le Rwanda a survécu à une situation similaire il y a 30 ans grâce à sa capacité de reconstruction. Il a insisté sur le principe selon lequel les institutions gagnent leur légitimité par leurs réalisations, année après année.
La crise en RDC illustre clairement que l’ONU doit encore prouver sa capacité d’adaptation, a-t-il dit, exhortant les Etats membres à y remédier. Il a expliqué que son pays, confronté à une situation similaire il y a 30 ans, avait survécu grâce à sa « capacité à se reconstruire malgré l’adversité », ajoutant : « Ce qui a rendu cela possible, c’est un principe simple et la conviction que les institutions gagnent leur légitimité non par leurs promesses, mais par leurs réalisations, année après année ».
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
