À Goma, la disparition de Miguel Mumbere Masaisai, jeune cycliste de 23 ans, a plongé sa famille, ses amis et ses collègues dans une profonde tristesse. Décédé le vendredi 18 septembre dans un accident de la circulation au Congo Brazzaville, alors qu’il traversait l’Afrique à vélo pour porter un message de paix, il laisse derrière lui un projet ambitieux : « Pedals for Peace ». Samedi 19 septembre, au domicile familial du quartier Katoyi, dans la commune de Karisimbi, l’hommage rendu a été marqué par les pleurs et les appels à poursuivre son initiative.
Un dernier échange marqué par l’espoir de représenter son pays
Félix Masaisai, frère cadet du défunt, a raconté les derniers instants partagés avec Miguel. Le jour du drame, vers 14 heures, ils ont échangé alors que Miguel s’apprêtait à publier sa dernière vidéo sur sa story Facebook. « L’unique message que Miguel nous avait laissé était un message de paix. Depuis bien longtemps, il nous disait toujours qu’il aimait représenter son pays au niveau international », a-t-il témoigné, avant d’être submergé par l’émotion. Miguel lui avait confié que les choses sérieuses allaient bientôt commencer, car il s’apprêtait à entrer au Cameroun, et qu’il espérait devenir un héros pour son pays. Félix lui avait souhaité du courage et assuré que la famille continuerait à prier pour lui. Ce fut leur dernier échange.
Une soirée d’angoisse et de rumeurs contradictoires
La nouvelle du décès est parvenue à la famille de manière confuse. Félix Masaisai a reçu de nombreux appels et messages vers 22 heures, sans en connaître la raison. Il a tenté de joindre son frère, resté injoignable, et a même essayé de le localiser par GPS, sans succès. Ornella Masaisai, sœur de Miguel, a expliqué avoir découvert des messages inhabituels et des publications sur les statuts WhatsApp annonçant la mort de son frère. Face à ces informations, elle a préféré effectuer ses propres recherches avant de partager la nouvelle. La famille a passé la soirée dans l’angoisse, confrontée à des rumeurs contradictoires, certaines annonçant sa mort, d’autres affirmant qu’il était encore vivant. « Nous avons réussi à joindre le ministre des Sports, mais celui-ci n’a rien confirmé. C’est finalement vers 10 heures que nous avons eu confirmation du décès de Miguel », a-t-elle témoigné.
Un appel à concrétiser le message de paix
Pour Ornella Masaisai, l’engagement de son frère en faveur de la paix doit se poursuivre au-delà de sa disparition. Elle appelle le gouvernement congolais à œuvrer pour le retour de la paix, estimant que cela constituerait une manière d’honorer la mémoire de son frère. « Ce que j’aimerais que le gouvernement fasse pour que nous nous sentions consolés, c’est de concrétiser le message de paix que Miguel avait porté. La paix qu’il recherchait à travers sa campagne n’était pas seulement pour lui-même ou pour sa famille, mais pour toute la population de l’Est, aujourd’hui victime de cette guerre », a-t-elle plaidé. Elle a ajouté : « Tout ce que je demande au gouvernement, c’est de nous donner la paix. Nous saurons alors que notre frère n’est pas mort pour rien. »
Des collègues cyclistes déterminés à poursuivre le périple
Au domicile familial, plusieurs collègues cyclistes et amis de Miguel Masaisai étaient présents pour lui rendre hommage. Ils gardent de lui le souvenir d’un athlète audacieux, qui refusait d’abandonner malgré les obstacles. Djimy Muhindo Kyaviro, un autre cycliste originaire de Goma, propose que ses collègues poursuivent le périple de Miguel là où il s’est arrêté, afin d’atteindre Rabat, au Maroc, destination finale de son initiative. Cette proposition témoigne de la volonté de ne pas laisser inachevé le projet « Pedals for Peace ».
Miguel Mumbere Masaisai avait officiellement lancé son défi le 1er mai 2026 à Goma, avec l’ambition de parcourir près de 14 000 kilomètres à vélo à travers plusieurs pays africains jusqu’à Rabat, pour promouvoir la paix, l’unité nationale et la résilience à travers le sport. Le 5 août 2026, après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus, il était arrivé à Kinshasa, marquant l’aboutissement de la traversée de la République démocratique du Congo d’est en ouest. Il avait ensuite quitté Kinshasa le 6 septembre pour poursuivre son aventure au Congo-Brazzaville, où il est décédé à Kabos, près de Ouesso, à proximité de la frontière avec le Cameroun.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
