Plus d’une dizaine de femmes de médias ont participé à un atelier de formation sur la prévention et la lutte contre le cyberharcèlement, organisé par l’Union congolaise des femmes des médias (Ucofem) avec l’appui de la Fédération des radios de proximité du Congo (FRPC). Cette rencontre visait à identifier les cas de cyberharcèlement et à offrir aux professionnelles des médias un aperçu des bonnes pratiques pour se protéger dans l’exercice de leur travail journalistique.
Comprendre les violences numériques pour mieux s’en prémunir
Les échanges ont porté sur les formes et les manifestations des violences numériques à l’égard des femmes journalistes, les mécanismes de prévention ainsi que les notions de sécurité en ligne. L’objectif est de permettre aux participantes de reconnaître les situations à risque et d’adopter des réflexes de protection sur les différentes plateformes numériques. En effet, le cyberharcèlement peut prendre diverses formes, allant des messages insultants aux tentatives d’intrusion dans les comptes personnels, en passant par la diffusion non consentie d’informations privées. Pour les femmes journalistes, ces attaques peuvent entraver leur capacité à informer librement et à exercer leur métier sans crainte.
Rose Masala, Directrice Exécutive de l’Ucofem, a rappelé la vision de son organisation : promouvoir les droits spécifiques et l’accès à l’image de la femme dans et par les médias, tout en luttant contre les discriminations. Elle a souligné que les femmes et les hommes sont tous acteurs dans la société et ont besoin d’être reconnus au même titre. L’Ucofem assure des formations pour renforcer les capacités des femmes de médias sur les aspects techniques et sur les questions de genre. Ces formations visent à outiller les professionnelles pour qu’elles puissent naviguer en toute sécurité dans l’environnement numérique, tout en continuant à produire une information de qualité.
Des stratégies concrètes face au harcèlement en ligne
Natacha Mozo, membre du Conseil d’administration de l’Ucofem, a insisté sur l’impact positif comme négatif du numérique. Elle a expliqué que toute personne possédant un compte e-mail ou un compte en banque est exposée à d’éventuelles attaques. Il est donc essentiel de connaître les astuces permettant de verrouiller ses comptes et d’empêcher les personnes malveillantes de voler l’intimité ou la production des journalistes, afin de continuer à communiquer et à informer la population. Parmi ces astuces figurent l’utilisation de mots de passe robustes, l’activation de la double authentification et la prudence face aux liens ou pièces jointes suspects. Ces mesures simples peuvent considérablement réduire les risques d’intrusion et de vol de données.
Des recommandations pour une tolérance zéro dans les rédactions
À l’issue des travaux, les participantes ont formulé plusieurs recommandations : la mise en œuvre d’une politique de tolérance zéro dans les maisons de presse, la création de mécanismes d’alerte et de protection, l’application des mécanismes juridiques existants et l’organisation de formations continues sur la sécurité numérique et la protection des données à destination des femmes journalistes. Ces recommandations visent à instaurer un environnement de travail plus sûr et plus respectueux, où les femmes peuvent exercer leur métier sans craindre des représailles en ligne. La mise en place de tels mécanismes nécessite l’engagement des responsables de rédactions et des institutions concernées.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Impulsion Médias en RDC : Modernisation, Protection et Accès à l’information publique », financé par la Direction du développement et la coopération Suisse (DDC). Ce projet témoigne de l’importance accordée à la protection des journalistes et à la modernisation du secteur des médias en République démocratique du Congo.
A lire aussi : Beni : des journalistes formés à la cohésion sociale contre Ebola ; Royaume-Uni : un petit-déjeuner copieux contre les envies de grignoter
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
