La hausse du prix du maïs à Mbuji-Mayi mobilise désormais les autorités provinciales et nationales. Une délégation du ministère de l’Économie nationale, conduite par Emmanuel M’Firi Kontin, a rencontré jeudi 17 septembre le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, pour examiner les causes de cette flambée et les réponses possibles.
Les échanges ont mis en évidence un constat important : les difficultés d’acheminement des cargaisons ne suffisent pas à expliquer la situation. Selon la délégation, des pratiques spéculatives seraient également en cause, alors que les stocks disponibles au Service national sont jugés suffisants. Cette lecture change la nature du problème : il ne s’agirait pas seulement d’un déficit d’offre, mais aussi de comportements qui renchérissent artificiellement le maïs sur les marchés locaux.
Une mission de vérification sur les marchés et la chaîne d’approvisionnement
Pour aller au-delà des constats, la mission prévoit des vérifications concrètes sur les marchés de Mbuji-Mayi et auprès des acteurs de la chaîne d’approvisionnement. L’objectif est d’identifier des mesures susceptibles de contenir la spéculation et de faciliter l’accès de la population au maïs. Cette démarche de terrain doit permettre de comprendre où se situent les blocages : au niveau des grossistes, des transporteurs, des détaillants ou d’autres intermédiaires.
Le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo et la délégation du ministère de l’Économie nationale ont ainsi posé les bases d’une action coordonnée. Le ministère et le Fonds de régulation économique (Forec) doivent accompagner les actions entreprises par le gouvernement provincial. Cette implication du Forec est notable, car cet organisme a pour mission de stabiliser les prix et de réguler les marchés des produits de première nécessité.
Quelles conséquences pour les ménages de Mbuji-Mayi ?
Le maïs est un aliment de base dans le Kasaï-Oriental. Sa cherté pèse directement sur le budget des ménages, en particulier les plus modestes. Si la spéculation est confirmée, cela signifie que des acteurs profitent de la situation pour augmenter leurs marges, au détriment des consommateurs. Les vérifications annoncées pourraient donc déboucher sur des mesures correctives, comme un meilleur contrôle des prix ou un encadrement des circuits de distribution.
La population attend des résultats concrets. La présence d’une mission nationale à Mbuji-Mayi montre que le problème est pris au sérieux. Mais l’efficacité dépendra de la capacité des autorités à transformer les constats en décisions applicables rapidement. Le suivi des prix dans les prochaines semaines sera un indicateur clé.
Une coordination institutionnelle à consolider
La rencontre entre le gouverneur et la délégation ministérielle illustre une volonté de coopération entre le niveau provincial et le niveau national. Le Kasaï-Oriental ne peut pas agir seul face à un phénomène qui touche à la fois la production, le transport et la commercialisation. L’appui du ministère de l’Économie nationale et du Forec est donc essentiel pour donner plus de poids aux mesures locales.
Reste à savoir si cette dynamique se traduira par des actions durables. La spéculation sur les produits alimentaires est souvent difficile à éradiquer sans une surveillance continue et des sanctions effectives. Les prochaines étapes de la mission, notamment les visites de marchés, devraient apporter des précisions sur l’ampleur du phénomène et les leviers d’action possibles.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
